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Le sucre en cause dans la fertilité des souris ?

Le sucre en cause dans la fertilité des souris ?

Une étude américaine* parue à la mi-août 2013 révèle que des souris, soumises à un régime contenant 25% des calories quotidiennes sous forme de sucres ajoutés, verraient leur aptitude à la reproduction diminuer. 
Si le protocole est innovant, les résultats sont à nuancer.

Il y a confusion sur le terme « sucre » : ce n’est pas du sucre de table (saccharose) qui a été testé mais un mélange de glucose et de fructose. Selon les auteurs, il s’agit de reproduire la quantité de sucres consommée via les boissons par les forts consommateurs américains. La « dose » testée de sucres ajoutés au régime des souris est en fait particulièrement élevée. D’après les enquêtes nationales de consommation, nos plus forts consommateurs de sucres en France en consomment 2 fois moins ! On peut noter aussi que cette association de glucose et fructose n’est pas spécifique des boissons, elle est apportée par les fruits, le sucre, le miel, les produits sucrés, etc. 

Cela demeure une étude sur des animaux de laboratoire ; les extrapolations souris/homme sur des sujets aussi complexes que l’alimentation et la reproduction sont évidemment sujettes à caution. 
Les résultats chez les souris testées sont d’ailleurs assez peu significatifs et montrent des résultats très contradictoires entre males et femelles (cf ci-dessous). 
Présentant certains de leurs résultats comme une nouvelle preuve de l’effet des boissons ou des sucres (ajoutés) sur la santé de l’homme, les auteurs de l’étude en tirent des conclusions un peu trop rapidement. 


L’étude en détail :

Des biologistes de l’université de l’Utah ont publié en août 2013 les résultats d’une étude originale sur 156 souris nourries toute leur vie avec un régime contenant 25% des calories sous forme de sucres (mélange à part égale de glucose et fructose). Par rapport aux études classiques, les souris ne restent pas en cage, elles sont lâchées au bout de 26 semaines dans un plus grand espace de 35 m2 pourobserver pendant quelques semaines leur comportement, leur taux de survie et leur aptitude à la reproduction.


Résultats : 

Par rapport aux souris témoins nourries classiquement avec de l’amidon et des fibres, les femelles souris du groupe « sucres » vivent moins longtemps que les femelles témoins mais il n’y a curieusement aucune différence chez les mâles. Les males du groupe « sucres » sont de moins bons compétiteurs, d’où un taux de reproduction inférieur à la lignée mâle témoin. C’est plus contrasté chez les femelles, qui pour le groupe « sucres » ont une fertilité nettement plus élevée dans les premières semaines puis tombent à équivalence avec les témoins. Enfin, il n’est constaté aucun effet sur le poids ou le métabolisme des souris, mâles ou femelles. 


*Human-relevant levels of added sugar consumption increase female mortality and lower male fitness in mice, 2013, Ruff et al, Nature communications