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Prise de poids chez les enfants: quid de la génétique et de l'environnement ?

L’enfant est en général capable de contrôler ses apports en fonction de la densité énergétique de son alimentation et de les ajuster à ses besoins. C’est un bon « régulateur ». En d’autres termes, il va s’arrêter de manger dès qu’il n’aura plus faim et ne mangera pas (ou peu) s’il n’a pas faim. De la même façon, il est probable que s’il mange trop lors d’un goûter ou d’un repas, il compensera au repas suivant en mangeant moins. Cette précieuse capacité de régulation de l'enfant tend à se réduire avec l’âge, au fur à mesure que les enfants apprennent à manger en fonction des règles sociales et de l’influence de leur environnement. 

Les parents influencent la consommation de leurs enfants à travers un ensemble de pratiques qui les aideront à s’adapter à cet environnement. Un enfant apprend à manger autant avec sa propre expérience qu'en en regardant les autres, et en premier lieu ses parents. Ces derniers sont aussi responsables à la fois de la qualité mais aussi de la quantité des aliments qu’ils proposent à leurs enfants. 

Autre point intervenant dans la régulation des apports : la densité calorique des aliments. Les aliments riches en fibres et en eau, comme les fruits et les légumes, sont considérés comme étant protecteurs du fait de leur pouvoir rassasiant. A contrario, les aliments plus denses en énergie (gras sucrés, gras salés) sont moins rassasiants et peuvent conduire à des consommations caloriques excessives, en particulier chez des enfants qui seraient moins bons régulateurs. 

Une trop grande disponibilité « à la maison » de ces aliments pourrait constituer un véritable facteur de suralimentation. Les parents doivent veiller sur les quantités, le rythme et la façon de manger de leurs enfants, en valorisant les repas familiaux.  Aussi est-il prudent de ne pas trop remplir les placards, de ne pas succomber systématiquement aux promotions ou encore de veiller à adapter les portions à l’âge des enfants.

 L'incitation à la restriction est fréquente chez les parents un peu trop soucieux de l’avenir pondéral de leurs enfants et qui veulent encourager un comportement alimentaire «sain » chez leurs enfants. Chez la plupart de ces parents, il existe une confusion entre la prévention de l’obésité et la peur d’être gros. Ils s’emploient à  limiter ou interdire des aliments, en général ceux qui sont consommés aux goûters ou en grignotages (gras salés, gras sucrés) dans le but de leur éviter une trop grande prise de poids. Il y a des effets collatéraux à la restriction : plus elle est importante plus l’enfant risque de consommer ces aliments interdits lorsqu’ils sont proposés à volonté et/ou en l'absence de faim (c’est à dire après un repas qui rassasie). Ces contrôles externes, motivés par la peur de grossir, ne permettent plus aux signaux internes de l'enfant de fonctionner.   

 Il convient donc d'apprendre aux enfants à consommer et à déguster les aliments denses en énergie et hautement « palatables », sans les interdire. L'éducation au goût et à l'écoute des signaux de faim et de rassasiement, dès le plus jeune âge est un élément déterminant car les habitudes acquises précocement sont ensuite très difficiles à modifier. 

A la maison, pour la composition des menus, il s’agit de tenir compte de l’équilibre alimentaire pour l’ensemble de la famille, en évitant de focaliser les enfants (et tout particulièrement les filles) sur la question du surpoids. On évitera ainsi des attitudes culpabilisantes perturbant le rapport de plaisir avec les aliments.