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Taxe Sodas : les produits de synthèse finiront-ils par remplacer le sucre d’origine naturelle dans nos boissons ?

Taxe Sodas : les produits de synthèse finiront-ils par remplacer le sucre d’origine naturelle dans nos boissons ?

Le Sénat examine cette semaine la nouvelle modulation de la taxe sur les boissons votée par les députés dans le projet de loi de finances pour la sécurité sociale (PLFSS 2018). Concrètement, ce nouveau projet va multiplier par trois la fiscalité du sucre et diviser par deux les taxes sur les boissons incorporant des produits de synthèse, encourageant ainsi une substitution massive. Le CEDUS demande la modification de ce projet.

        

Quels bénéfices en termes de santé publique ?

Les édulcorants intenses ne sont pas « la » solution pour prévenir des maladies multifactorielles comme l’obésité et les maladies associées. C’est l’Anses(1) qui l’a rappelé en 2015 dans un avis sur les édulcorants intenses : « pour la population générale, la prise en compte globale des risques et des bénéfices potentiels ne permet pas de justifier l’utilisation à long-terme des édulcorants intenses comme substitut des sucres, en particulier dans les boissons, qui en sont le principal vecteur ».

On peut s’interroger sur une politique de santé publique qui favoriserait la consommation de produits de synthèse, au détriment de celle du sucre, produit agricole et d’origine naturelle, dans de justes
proportions ? Rappelons que les Français ont une consommation stable et modérée de sucre, en moyenne de 50 g/j/habitant depuis plus de 50 ans.

Il est trop facile de prendre le sucre comme bouc émissaire !

              

Quel impact sur le monde agricole ?

Alors que la filière betterave-canne-sucre est en train de vivre une transition historique avec la fin des quotas sucre, on incite les fabricants de boissons à privilégier des produits importés plutôt que de soutenir l’économie française. Nous rappelons que la filière betterave-canne-sucre représente 44 500 personnes dans 8 régions de France et 3 départements d’Outre-Mer.

             

Revenons à une question de bon sens !

Nous sommes très sensibles à l'enjeu de santé publique, mais nous sommes également convaincus que la clef de l’équilibre alimentaire réside dans une consommation responsable.

Pour nous, le sucre consommé avec justesse trouve toute sa place dans une alimentation diversifiée et un mode de vie équilibré. Pour nous, moins de sucre pour ceux qui le souhaitent ou qui le doivent, ce peut aussi tout simplement être un peu moins sucré, moins souvent ou en plus petites quantités sans substitution par des substances synthétiques. C'est une question de bon sens.

Soyons mesurés. Restons naturels.

(1) Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail