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La filière sucre
Qu'est-ce que l'Organisation Commune du Marché du Sucre ?
L’Organisation Commune du Marché du Sucre repose sur l’attribution de quotas de production,via les Etats-Membres, aux sociétés productrices de sucre et d’isoglucose.
Les quantités produites dans le cadre du quota sont destinées au marché intérieur du sucre alimentaire. Les quantités produites au-delà du quota sont destinées aux industries chimiques et pharmaceutiques et aux industries de fermentation (y compris la fabrication d’alcool), elles peuvent être exportées dans le cadre de contingents dans la limite des engagements de l’Union Européenne à l’OMC, ou reportées sur la campagne
suivante.
L’UE a ouvert le marché européen du sucre à des volumes croissants d’importations préférentielles.
En 2009/10, les conditions d’importation sont les suivantes :
- Ouverture totale du marché, sans droits de douane ni restrictions quantitatives, au sucre originaire des Pays les Moins Avancés, dans le cadre de l’initiative « Tout Sauf les Armes » ;
- Ouverture total du marché, sans droits de douane ni restrictions quantitatives, au sucre originaire des pays de la zone ACP, dans le cadre des Accords de Partenariat Economiques conclus entre l’UE et ces pays, avec application d’un seuil de sauvegarde global de 3,5 millions tonnes ;
- Importation à droit nul, dans la limite d’un contingent de 380 000 tonnes, du sucre originaire des Balkans occidentaux (Serbie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Albanie, FYROM) ; et dans la limite d’un contingent de 22 000 tonnes du sucre originaire de Moldavie ;
- Importations à droit réduit, dans la limite d’un contingent total de 677 000 tonnes, du sucre originaire de pays tiers (Brésil, Australie, Cuba, Inde et autres).
Par ailleurs, l’UE peut décider d’ouvrir un contingent d’importation de sucre industriel destiné à des usages non alimentaires, en fonction de la situation du marché. Un contingent de 400 000 tonnes a été ouvert en 2008/09 et 2009/10 à ce titre.
En 2008/09, l’UE a importé au total 2,9 millions tonnes de sucre en l’état, alors qu’elle n’en avait importé que 2,7 millions tonnes en 2007/08.
En comparaison, elle a exporté en 2008/09 0,82 million tonnes de sucre en l’état et 1,45 million tonnes en 2007/08, alors qu’elle en exportait entre 4 et 6 millions tonnes avant 2006.
Depuis la réforme de son régime sucrier en 2006, l’UE est devenue, sur une base régulière, le premier importateur mondial de sucre.
Quelle est la quantité de sucre produite en France ? En Europe ?
La France est le 1er producteur de sucre blanc de l’Union Européenne, avec plus de 27 % de la production, devant l’Allemagne (24 %).
Elle est également le premier producteur mondial de sucre de betterave devant les Etats-Unis. Acteur majeur de la production sucrière européenne et mondiale, la France a produit, au cours de la campagne sucrière de 2008-2009, 4,1 millions de tonnes de sucre dans les 25 sucreries implantées en métropole (sucre de betterave) et 249 900 tonnes de sucre dans les 5 sucreries des départements d’Outre-Mer (sucre de canne).
Avec des rendements betteraviers et sucriers parmi les meilleurs dans le monde, l'Union européenne a produit 15,3 millions de tonnes de sucre en 2008-2009. Aujourd’hui, l’industrie sucrière européenne est un secteur moderne, performant et indispensable pour les consommateurs européens.
Elle n’a cessé, au cours des 25 dernières années, d’améliorer sa compétence et la qualité de ses produits vis-à-vis des attentes des consommateurs.
Quel est le rendement en sucre de la Betterave ? De la canne ?
Plante des régions tempérées, la betterave sucrière se cultive principalement dans l’hémisphère nord, ainsi qu’au Chili.
En France, les zones de culture se situent principalement au nord de la Loire. En 30 ans, la production de betterave est passée de 52 tonnes à l’hectare à 87 tonnes pour la campagne 2008-2009. Ces dernières années, on a produit en moyenne en France 13 tonnes de sucre par hectare de betterave. Pour la campagne 2008-2009, la richesse moyenne en sucre de betterave était de 19%, avec des rendements en betterave à 16°S de 87 tonnes en moyenne par hectare.
La France est le seul pays de l’Union Européenne, avec l’Espagne, à produire la canne à sucre. L’industrie française du sucre de canne est localisée dans 3 départements d’Outre-mer : la Réunion dans l’Océan Indien, la Guadeloupe et la Martinique aux Antilles.
Cultivée de manière traditionnelle, la canne est destinée à la fabrication de sucre roux, mais également de rhum.
En moyenne, une tonne de betterave fournit environ 135 kilos de sucre, contre 115 kilos pour une tonne de canne à sucre.
En réalité, ces chiffres varient selon différents facteurs : la variété de la plante, la nature et la richesse des sols, les techniques culturales, la pluviométrie, les éventuels maladies ou parasites, et bien sûr les conditions climatiques, tout comme le temps de stockage des cannes coupées.
Quelle surface la culture de betterave couvre-t-elle en France ?
La France dispose d’atouts exceptionnels pour la culture de la betterave : facteurs naturels, espaces disponibles, dimension des exploitations, expérience des hommes.
La culture betteravière concerne 29 départements de la métropole, essentiellement situés au nord de la Loire. En 2009, 26 000 planteurs de betteraves ont cultivé 370 000 hectares.
La culture de la canne à sucre est localisée principalement à la Réunion, mais également en Guadeloupe et à la Martinique. Elle s’étend sur 42 000 hectares.
Combien de personnes travaillent-elles le sucre en France ? Et dans le monde ?
L'industrie sucrière constitue une branche importante de l'industrie agroalimentaire en raison, d'une part de son poids économique spécifique et, d'autre part du fait que le sucre constitue une matière première pour de nombreuses autres branches.
Un secteur majeur en France, à vocation exportatrice, bien que ne représentant que 0,6 % du total des entreprises agroalimentaires et 2,4 % des effectifs moyens, la filière réalise 3,3 % du chiffre d'affaires net des IAA et 4,7 % des exportations agroalimentaires.
Les exportations françaises de sucre vers les pays tiers et les expéditions vers les pays de l'Union Européenne ont atteint 1,922 millions de tonnes en 2008-2009.
L'activité sucrière se caractérise par un taux de valeur ajoutée élevé. A ce titre, la filière betterave-sucre emploie 45 500 personnes toutes productions confondues en France et génère un chiffre d’affaires de 3,17 milliards d’euros.
En 2008-09, 25 sucreries de la métropole ont travaillé essentiellement en période de campagne sucrière. Le reste de l’année, les permanents ont travaillé à la maintenance et à la modernisation des sites.
Le monde sucrier représente 30 millions de d’hectares cultivés (canne à sucre et betterave) dans 102 pays.
Existe-t-il une production artisanale de sucre ?
L'Inde, berceau de la canne à sucre, est un des premiers producteurs mondiaux du sucre dans le monde ; elle produit traditionnellement le "gur", sucre artisanal obtenu par concentration du jus entier de canne à feu nu.
La production de ce sucre dépasse en Inde, les 8 millions de tonnes auxquelles il faut ajouter 1 million de tonnes de "khansari", sucre artisanal produit selon le même procédé, mais avec cristallisation.
Si l'on ajoute à ces sucres la production de sucre industriel, qui représente près de 15 millions de tonnes, l'Inde est le plus important producteur de sucre du monde.
Depuis les années 1930, elle s'inscrit dans le cadre d'une politique d'autosuffisance affirmée, en dépit d'une production irrégulière compte tenu des aléas climatiques.
Par ailleurs, il existe un autre sucre artisanal fabriqué en Amérique Latine : la "panela". Ce sucre sud-américain est un sucre de canne non raffiné qui se présente sous forme de briques d'une belle couleur miel foncé (ou encore de palets de tailles diverses, souvent emballés dans des feuilles de bananiers). Ce sucre est très odorant. Son pouvoir sucrant est plus faible que celui du sucre industriel, mais il est accompagné d'essences subtiles.
Ailleurs dans le monde, des arabes et asiatiques nomades et sédentaires se servent aussi des pains de sucre - et non du sucre cristallisé - , facile à transporter, car ils ne subissent pas de "mottage" sinon qu'avec le temps.
Comment détermine-t-on la qualité d'un sucre ?
Afin de déterminer la qualité du sucre, tous les pays s'engagent à respecter des critères analytiques portant sur la pureté d'un sucre, l'aspect ou le type de couleur, la coloration en solution et la teneur en cendres.
La pureté d'un sucre, s'apprécie par une mesure de polarisation qui s'évalue en degré sucre ou °Z, qui indique la teneur en saccharose pur. Aussi, la qualité du sucre est-elle évaluée au plan international par polarimétrie, et exprimée en °Z (zucker).
Le sucre brut (ou roux) titre moins de 99,5 °Z tandis que le sucre blanc titre plus de 99,5 °Z [Méthode d'analyse ICUMSA* GS 2/3-1 (1994)]. Pour être étiqueté "sucre blanc", la polarisation d'un sucre doit être supérieure à 99,5 °Z !
La communauté européenne utilise trois autres critères supplémentaires pour déterminer la qualité d'un sucre : le type de couleur, la coloration en solution et la teneur en cendres. Toutes ces qualités sont mesurées selon des méthodes d'analyse très précises et permettent de classer le sucre blanc en quatre catégories.
Sachez qu'un quart environ du sucre de betterave produit en France rentre dans la catégorie 1 (la plus haute qualité); les trois autres quarts en catégorie 2. Cela signifie que le sucre de betterave français contient plus de 99,7 % de saccharose pur.
*ICUMSA (Commission internationale pour l'Uniformisation des Méthodes d'Analyses sucrières) est un organisme mondial qui rassemble les activités des Comités nationaux pour les analyses sucrières dans plus de trente pays membres.
