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Qu'est-ce que la fin des "quotas sucre" ?

Le système de quotas qui encadrait le secteur sucrier européen a pris fin au 1er octobre 2017. La libéralisation du marché se traduit notamment par la possibilité de produire et d’exporter sans contraintes de volumes. Dans ce nouveau contexte concurrentiel, la filière betterave-sucre française dispose d’atouts déterminants, tant sur le marché communautaire que mondial.

Au sein de l’Union européenne, le sucre est régi depuis 1968 par une « Organisation commune du marché du sucre » (OCM), établie dans le cadre de la Politique Agricole Commune et basée sur des quotas de production et un soutien des prix. Cette organisation était également appelée « régime » ou « Règlement sucre ».

Elle a été réformée en 2006 pour s’adapter aux règles de l’Organisation mondiale du commerce et accroître l’ouverture du marché communautaire aux importations de sucre en provenance des Pays les moins avancés (PMA) et de la zone Afrique-Caraïbes-Pacifique (ACP). À cette occasion, les quotas de production ont été réduits de 30 %, mais le principe de quotas associés à un prix minimum garanti pour la betterave sucrière récoltée était resté l’ossature centrale de l’OCM…. Au 1er octobre 2017, ce régime a définitivement été abandonné.

Planifiée dans le cadre de la réforme de la Politique agricole commune de juin 2013, la fin des quotas lève la double barrière que représentaient la limitation des quantités de sucre produites pour des usages alimentaires et les restrictions imposées par l’OMC quant aux volumes de sucre pouvant être exportés vers des pays tiers (hors UE).

Désormais, les acteurs de la filière sucre française, comme leurs concurrents européens, peuvent produire autant de sucre de betterave (en Métropole) et de canne (dans les DOM) qu’ils le souhaitent, notamment en vue d’exporter une part croissante de leur production sur les marchés internationaux. Pour y tenir son rang, la filière française s’est préparée de longue date, afin de gagner en compétitivité et de pouvoir relever les défis imposés par les géants de la production mondiale de sucre comme le Brésil, l’Inde ou la Thaïlande.

Un second levier consiste à optimiser les coûts de production de l’ensemble des acteurs de la filière par une hausse de la production qui s’exprime, dès cette année, par une augmentation des surfaces de betteraves cultivées – et donc des volumes récoltés – et par un allongement de la durée de campagne sucrière. Au plan industriel, les acteurs de la filière ont également engagé d’importants programmes d’investissements visant à réduire de manière drastique la consommation énergétique des sucreries. Avec, à la clé, un gain de compétitivité et une baisse significative des émissions de gaz à effet de serre.

Quel est le rendement en sucre de la betterave ? de la canne ?

Plante des régions tempérées, la betterave sucrière se cultive principalement dans l’hémisphère nord, ainsi qu’au Chili. En France, les zones de culture se situent principalement au nord de la Loire. Les rendements betteraviers se sont nettement améliorés en plus de 50 ans avec 48,3 tonnes par hectare en 1960-61, contre 85,8 tonnes par hectare en 2016-2017. Ces dernières années, on a produit en moyenne en France 13 tonnes de sucre par hectare de betterave. Pour la campagne 2016-2017, la richesse moyenne en sucre de betterave est estimée à 18,3 %, avec des rendements en betteraves à 16°S de 86 tonnes en moyenne par hectare.

La France est le seul pays de l’Union Européenne, avec l’Espagne, à produire la canne à sucre. L’industrie française du sucre de canne est localisée dans 3 départements d’Outre-mer : la Réunion dans l’Océan Indien, la Guadeloupe et la Martinique aux Antilles. Cultivée de manière traditionnelle, la canne est destinée à la fabrication de sucre roux, mais également de rhum. En 2013, le rendement moyen de la canne à sucre avoisinait les 46,5 tonnes à l’hectare en Martinique et les 75 tonnes à l’hectare à la Réunion tandis qu’il était anormalement bas en Guadeloupe, à 36 tonnes à l’hectare, en raison de problèmes climatiques ; la richesse moyenne en sucre de canne était de 14 %.

En moyenne, une tonne de betterave fournit environ 160 kilos de sucre, contre 115 kilos pour une tonne de canne à sucre. En réalité, ces chiffres varient selon différents facteurs : la variété de la plante, la nature et la richesse des sols, les techniques culturales, la pluviométrie, les éventuels maladies ou parasites, et bien sûr les conditions climatiques, tout comme le temps de stockage des cannes coupées.

Quelle surface la culture de betterave couvre-t-elle en France ?

La culture betteravière occupe plus d’un département sur 3 en France avec 29 départements, essentiellement situés au nord de la Loire. En 2016-2017, 26 000 planteurs de betteraves ont cultivé 480 0000 hectares

La culture de la canne à sucre est localisée principalement à la Réunion, mais également en Guadeloupe, à la Martinique et en Guyane. 
Elle s’étend sur 40 000 hectares sur les 4 départements d’outre-mer français (chiffre 2017) : 
 
- 23 821 ha à la Réunion

- 4 008 ha en Martinique

- 11 506 ha en Guadeloupe

- 130 ha en Guyane 

Quelle est la quantité de sucre produite en France ? En Europe ?

La France est le 1er producteur de sucre blanc de l’Union Européenne, avec 28,5% de la production, devant l’Allemagne (23%). Elle est également le premier producteur mondial de sucre de betterave. Acteur majeur de la production sucrière européenne et mondiale, la France a produit, au cours de la campagne sucrière de 2016-2017, 4,7 millions de tonnes de sucre dans les 25 sucreries implantées en métropole (sucre de betterave) et 265 000 tonnes de sucre dans les 5 sucreries des départements d’Outre-Mer (sucre de canne) pour la campagne 2016-2017.

Avec des rendements betteraviers et sucriers parmi les meilleurs dans le monde, l'Union Européenne a produit 17 millions de tonnes de sucre en 2016-2017. Aujourd’hui, l’industrie sucrière européenne est un secteur moderne, performant et indispensable pour les consommateurs européens. Elle n’a cessé, au cours des dernières années, d’améliorer sa compétence et la qualité de ses produits vis-à-vis des attentes des consommateurs.

Comment détermine-t-on la qualité d'un sucre ?

Afin de déterminer la qualité du sucre, tous les pays s'engagent à respecter des critères analytiques portant sur la pureté d'un sucre, l'aspect ou le type de couleur, la coloration en solution et la teneur en cendres.

La pureté d'un sucre, s'apprécie par une mesure de polarisationqui s'évalue en degré sucre ou °Z, qui indique la teneur en saccharose pur. Aussi, la qualité du sucre est-elle évaluée au plan international par polarimétrie, et exprimée en °Z (zucker).

Le sucre brut (ou roux) titre moins de 99,5 °Z tandis que le sucre blanc titre plus de 99,5 °Z [Méthode d'analyse ICUMSA* GS 2/3-1 (1994)]. Pour être étiqueté "sucre blanc", la polarisation d'un sucre doit être supérieure à 99,5 °Z !

La communauté européenne utilise trois autres critèressupplémentaires pour déterminer la qualité d'un sucre : le type de couleur, la coloration en solution et la teneur en cendres. Toutes ces qualités sont mesurées selon des méthodes d'analyse très précises et permettent de classer le sucre blanc en quatre catégories.

Sachez qu'un quart environ du sucre de betterave produit en France rentre dans la catégorie 1 (la plus haute qualité); les trois autres quarts en catégorie 2. Cela signifie que le sucre de betterave français contient plus de 99,7 % de saccharose pur.

*ICUMSA (Commission internationale pour l'Uniformisation des Méthodes d'Analyses sucrières) est un organisme mondial qui rassemble les activités des Comités nationaux pour les analyses sucrières dans plus de trente pays membres.

Combien de personnes travaillent-elles dans le secteur du sucre en France ? Et dans le monde ?

L'industrie sucrière constitue une branche importante de l'industrie agroalimentaire en raison, d'une part de son poids économique spécifique et, d'autre part du fait que le sucre constitue une matière première pour de nombreuses autres branches. Un secteur majeur en France : bien que ne représentant que 0,6 % du total des entreprises agroalimentaires et 2,4 % des effectifs moyens, la filière réalise 3,3 % du chiffre d'affaires net des IAA et 4,7 % des exportations agroalimentaires [Données 2010] ; Sur une production de 4,7 millions de tonnes, les exportations vers les pays tiers et les expéditions vers les pays de l’U.E.vont représenter 2 millions de tonnes.

L'activité sucrière se caractérise par un taux de valeur ajoutée élevé. A ce titre, la filière betterave-canne-sucre emploie 44 500 personnestoutes productions confondues en France et génère un chiffre d’affaires de 3,8 milliards d’euros. En 2017, 25 sucreries de la métropole ont travaillé essentiellement en période de campagne sucrière. Le reste de l’année, les permanents ont travaillé à la maintenance et à la modernisation des sites.
Le monde sucrier représente plus de 30 millions d’hectares cultivés (comprenant la canne à sucre et la betterave) dans 112 pays.

Existe-t-il une production artisanale de sucre ?

Panela en Colombie ou en Equateur, piloncello au Mexique, Tapa de dulce au Costa Rica, parfois appelé aussi chancaca dans d’autres pays latino-américains, dasi au Pakistan, rapadura au Brésil, gur en Inde, gula mera en Indonésie, panocha aux Philippines, jaggery en Ouganda, en Inde ou au Sri Lanka, et même kokuto (sucre noir) à Okinawa : toutes ces appellations désignent à travers le monde un seul et même produit, le sucre produit de manière artisanale.

Il s’agit la plupart du temps de sucre de canne, mais il est aussi possible d’en fabriquer à partir de la sève de palmier à sucre ou de palmier-dattier. La production se fait encore à petite échelle. Les cannes à sucre sont d’abord broyées entre des presses à 2 ou 3 cylindres pour recueillir le jus sucré. Ce jus est ensuite chauffé à feu nu dans de larges bassines, avant d’être additionné de chaux, laquelle permet d’éliminer les protéines végétales et d’autres composés en écumant le jus. Il faut alors poursuivre la cuisson pour évaporer l’eau et réduire le jus à un tiers de son volume initial environ. Ce sirop très concentré est ensuite brassé énergiquement pendant qu’il refroidit, ce qui provoque la formation spontanée de cristaux. La masse cristallisée est enfin moulée en pains, briques ou galettes suivant les pays.

Colorée en jaune-brun du fait de la caramélisation du sucre pendant la cuisson, la panela est un sucre brut, qui se distingue des sucres industriels par l’absence d’étape finale de centrifugation (essorage des cristaux à grande vitesse). Les Nations unies utilisent d’ailleurs le terme de « sucres non centrifugés » pour désigner tous les produits semblables à la panela. Ils renferment de l’ordre de 80 à 85% de saccharose cristallisé, 5 à 10% de glucose et fructose libres, 10 à 12% d’eau et des micronutriments (calcium, potassium, fer et vitamines du groupe B principalement).

On compte 25 pays producteurs de sucres non centrifugés, livrant 8 à 12 millions de tonnes suivant les années. Inde, Colombie et Pakistan représentent près des trois-quarts de cette production, l’Inde en fabriquant la moitié à elle seule (1).

L'Inde, berceau de la canne à sucre, est un des premiers producteurs mondiaux du sucre dans le monde ; et produit traditionnellement le "gur", sucre artisanal obtenu par concentration du jus entier de canne à feu nu.

La production de ce sucre dépasse en Inde, les 8 millions de tonnes auxquelles il faut ajouter 1 million de tonnes de "khansari", sucre artisanal produit selon le même procédé, mais avec cristallisation.

Si l'on ajoute à ces sucres la production de sucre industriel, qui représente près de 24,72 millions de tonnes (d’après les estimations pour la production 2014-2015), l'Inde est l'un des plus importants producteurs de sucre du monde.

Depuis les années 1930, elle s'inscrit dans le cadre d'une politique d'autosuffisance affirmée, en dépit d'une production irrégulière compte tenu des aléas climatiques.

Ailleurs dans le monde, des arabes et asiatiques nomades et sédentaires se servent aussi des pains de sucre - et non du sucre cristallisé - , facile à transporter, car ils ne subissent pas de prise en masse, appelée "mottage", sinon qu'avec le temps.

(1) Source: REISER P., 2015. Avec ou sans sucre ? 90 clés pour comprendre le sucre, Ed. Quae, 176 p.