Après avoir surfé sur la tendance minceur dans les années 80, les produits allégés ont misé sur l'innovation et leur marché est resté très dynamique jusque dans les années 90. Aujourd'hui, il semblerait qu'ils marquent le pas. Prix, naturalité des ingrédients, le bénéfice "minceur" du produit allégé est maintenant remis en question.
C’est en 1964 qu’apparaissent en France les premiers aliments allégés : le lait écrémé, et le fromage blanc allégé. Après les yaourts, la margarine et le beurre allégés en matières grasses, le marché s’est rapidement diversifié. Il s'étend aujourd’hui aux boissons, confitures, compotes, confiseries, biscuits (sucrés et salés), céréales, potages, sauces, plats cuisinés et, plus récemment, aux glaces et pizzas.
Après avoir surfé sur la tendance minceur dans les années 80, les produits allégés ont misé sur l’innovation et leur marché est resté très dynamique jusque dans les années 90. Certaines réussites commerciales sont spectaculaires. Au sein des produits laitiers par exemple, le lait 1/2 écrémé est devenu la référence avec plus de 60 % du marché du lait.
Dans le secteur des boissons sucrées, les versions "light" sont toujours en croissance, avec une part de marché plus élevée au nord (50 %) qu’au sud de l’Europe (20-25 %), la France se situant autour de 30 %.
Depuis deux années consécutives cependant, il semblerait que les allégés marquent le pas, avec -à l’exception des boissons- des secteurs en baisse (biscuits, fromages, desserts) ou en voie de disparition (les glaces allégées).
Cause possible : le consommateur est aujourd’hui confronté à des arbitrages nouveaux, intégrant le prix, le goût, la naturalité des ingrédients, le choix par rapport à d’autres allégations nutritionnelles… Et le bénéfice minceur du produit allégé est questionné.
Que sait-on sur les consommations ?
Pour en savoir plus sur les consommations d’allégés en sucres, le CEDUS a demandé au CREDOC d’analyser les données de l’enquête nationale INCA2, réalisée par l’AFSSA en 2006/2007. Ainsi, l’étude Cedus-Credoc 2009 montre que 35 % des adultes interrogés consomment un produit allégé en sucres au moins une fois par semaine, principalement sous forme de boissons, de produits frais ou de compotes. Mais ces personnes consomment davantage en quantité ces produits qu’ils soient allégés ou non : entre 30 et 50 % de plus !
Ce qui est clair, c’est que les consommateurs de produits allégés en sucres correspondent dans cette étude à une population majoritairement féminine, comportant une proportion élevée de personnes suivant un régime. Les consommateurs d’allégés en sucres consomment moins de calories, d’alcool et de lipides. Mais ils sont paradoxalement la catégorie de consommateurs dont la contribution des sucres dans leurs apports caloriques est la plus importante par rapport à l’ensemble de la population !
Un paradoxe seulement en apparence, qui s’explique notamment par l’observation d’une tendance chez ces sujets à consommer plus de produits laitiers frais, sucrés et à base de fruits, au détriment des féculents et en proportion importante par rapport aux produits plus gras.
A noter enfin que de récentes études ont montré qu’un produit comportant une allégation nutritionnelle ou de santé du type "allégé" est un produit qui est consommé en plus grande quantité, souvent inconsciemment.
