LE SUCRE

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des histoires sucrées

Le sucre en morceau

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Quoi de plus simple qu'un morceau de sucre ? Il aura fallu pourtant des décennies pour arriver à produire ces petits rectangles si parfaits… et si spécifiquement français aujourd'hui.

Les précurseurs

Les inventeurs du morceau de sucre se sont succédé pour trouver un conditionnement plus pratique que le pain de sucre de 2 kg, à la fois pour transporter et pour consommer le sucre.

En 1843, le tchèque Jacob Kristof Rad a produit les premiers morceaux de sucre, en plusieurs étapes quasi-artisanales : fondre du sucre, couler du sucre liquide sur un plateau, scier la plaque de sucre après solidification en bandes, puis casser en cubes.

En 1875, un Français Eugène François invente une machine à scier les pains de sucre en rondelles, puis chaque rondelle en morceaux de sucre plus ou moins réguliers.

Vers 1900, Théophile Adant développe en Belgique une série d'outils industrialisant le procédé de Jacob Rad : réalisation de plaques de sucre (cristallisation pendant 8 à 12 h), séchage, sciage en barres puis en morceaux symétriques.
Le système est repris et rapidement amélioré par des sucreries en Belgique, puis un peu partout en Europe jusque dans les années 40 (commercialisation en boîtes d'1 kg vers les années 30).

Les Temps Modernes

En 1949, l'entreprise Louis Chambon invente un système, le moulage direct des morceaux de sucre dans des presses rotatives (pression du sucre cristallisé ré-humidifié à chaud dans les moules). Les morceaux sont très nets et réguliers ; en outre, la rapidité de la cadence de production condamne à court terme le système d’Adant. Le procédé de sucre en morceaux par sciage ou cassage est remplacé par le procédé du sucre moulé par pression. Dorénavant, les morceaux de sucre moulé sont réguliers et calibrés, pour être présentés en boîtes de 500 g ou 1 kg.
Ce procédé "Chambon" est toujours celui utilisé en France, ce qui confère à la France cette spécificité du morceau de sucre.

Bon à savoir

C’est en 1908 que furent présentés à Paris les premiers morceaux de sucre enveloppés. Le premier morceau de sucre emballé et publicitaire date de 1928. En effet, au début du XXe siècle, les mesures d’hygiène favorisent le développement des morceaux emballés individuellement pour la consommation dans les cafés et les restaurants. Le sucre emballé prend vraiment son essor en 1950, avec l'apparition de la machine "Chambon" (l'emballage enveloppe directement les morceaux de sucre). Chaque emballage papier contient généralement un ou deux morceaux. Aujourd’hui, le sucre en morceaux enveloppés demeure un particularisme français.

Portrait

Théophile Adant (1852-1938) : Maître compagnon à Anvers, en Belgique, il  élabore à la fin des années 1880 une turbine pour former des plaques à partir de sucre en poudre. C’est le premier à réussir la cristallisation du sucre de façon industrielle, cristallisation qui prend entre 8 et 12 heures. Outre la réalisation de plaques de sucre, Théophile Adant développe une série d'outils industrialisant le procédé de Jacob Rad : séchage, sciage en barres puis en morceaux symétriques. Ce dernier système est repris et amélioré par les unités de production de sucre en Belgique, puis en Europe jusque dans les années 1940.

Bon à savoir

Louis Chambon (1861-1932) : Né en Ardèche, élève de l’École des Arts et Métiers, cet ingénieur mécanicien crée la société qui portera son nom. Cette société met au point en 1949 un système permettant de souder entre eux les cristaux de sucre humidifiés à chaud dans les moules. La "Chaîne Chambon" est une petite révolution.