La France est le 7e producteur mondial de sucre et le 1er producteur européen. La filière sucre emploie 44 500 personnes et génère un chiffre d'affaires de 3,37 milliards d'euros.
Le sucre est principalement utilisé sous deux formes :
- d’une part, de manière directe, sous forme de sucre de bouche (sucre en morceaux et en poudre);
- d’autre part, de manière indirecte en étant incorporé par les industries dans les aliments sucrés.
Structure du marché
En 2011-2012, 3 millions de tonnes de sucre ont été utilisées en France dont 400 000 tonnes pour le sucre de bouche (14 %), 1 680 000 tonnes pour les industries alimentaires (57 %), 190 000 tonnes pour les industries chimique et pharmaceutique (6 %), et 680 000 tonnes pour l'alcool et l'éthanol (23%).
Jusqu’en 1960, le sucre de bouche représentait 50 % des ventes de sucre en France. Au début des années 1970, on passe à environ 45 %, puis à 40 % au début des années 1980. Actuellement, il représente à peine plus de 20 % des ventes.
Évolution des ventes
En 1826, si l'on rapporte le volume de sucre vendu par rapport à la population, on obtient une disponibilité moyenne de 2 kg par habitant. Cette moyenne croît tout au long du siècle, passant à 5,5 kg en 1860, 8,6 en 1880, 12 en 1900, jusqu’à atteindre 20 kg à la veille de la Première Guerre mondiale.
A cette époque, le sucre devient une denrée rare et, en 1918, cette moyenne par habitant n'est plus que de 8 kg. Dans l’entre-deux guerres, elle remonte à 23 kg, mais retombe à 6 kg pendant la Seconde Guerre mondiale.
Les Trente Glorieuses permettent de retrouver rapidement un haut niveau: en 1958, un Français a à sa disposition 30 kg de sucre, 36 kg en 1970.
Les ventes de sucre reflètent uniquement une notion de disponibilité ou de volumes de sucre mis sur le marché, à l’échelle d’un pays ou d’une population. Pour s’approcher d’un niveau de consommation à l’échelle individuelle, il est préférable d’utiliser les données issues d’enquêtes alimentaires INCA et CREDOC (Centre de Recherche pour l'Etude et l'Observation des Conditions de vie).
D’après ces enquêtes, en 2006 la consommation de saccharose est estimée à 25,5 kg par an et par habitant, soit une moyenne de 70 g/jour. Il s’agit du sucre consommé en l’état et du sucre incorporé aux produits sucrés.
La culture betteravière
La France de la betterave sucrière se situe essentiellement dans le nord et le nord-est du pays. En 2012, 27 départements de la métropole cultivent la betterave, mais 9 d’entre eux, situés au nord de la Loire représent 80 % des surfaces plantées en betterave. Les deux départements les plus importants sont l’Aisne et la Marne, avec respectivement 59 493 et 54 754 hectares cultivés en 2011.
Avec en moyenne plus de 90 tonnes de betteraves récoltées par hectare (ha), ce qui correspond à un rendement en sucre d’environ 13 à 14 t/ha, les rendements sont parmi les plus élevés de l’Union européenne. La France dispose d’atouts exceptionnels pour la culture de la betterave : facteurs naturels, espaces disponibles, dimension des exploitations et expériences des hommes.
Les cultures de betterave sont généralement groupées dans la zone d’approvisionnement d’une sucrerie (en moyenne 30 km) avec laquelle les 26 000 planteurs de France sont liés par contrat actuellement. Les sociétés et les sucreries se sont concentrées : 5 groupes sucriers en 2011-2012 (contre 84 sociétés en 1950), 25 sucreries en 2011-2012 (contre 105 en 1950).
La culture de la canne à sucre
La France est le seul pays de l’Union Européenne, avec l’Espagne et le Portugal, à cultiver la canne à sucre. L’industrie française du sucre de canne est localisée dans 3 départements d’Outre-mer : la Réunion dans l’Océan Indien, la Guadeloupe et la Martinique aux Antilles. La Guyane française cultive également de la canne à sucre.
Cultivée de manière traditionnelle, la canne est destinée à la fabrication de sucre brut, mais également de rhum et d’alcool agricole. La récolte s’étale sur plusieurs mois en fonction des régions : aux Antilles de février à juin, à la Réunion d’août à novembre.
