LE SUCRE

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Campagne sucrière, cap sur le jour J

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Au cœur des régions de production betteravière, le lancement de chaque nouvelle campagne sucrière marque le début d'une période d'effervescence, dans les champs, sur les routes et, bien sûr, dans les sucreries. Focus sur ces multiples utilisations et débouchés du sucre.

La Campagne sucrière

Fruit de la synthèse chlorophyllienne, le sucre se forme naturellement dans les végétaux. La betterave sucrière a la capacité de stocker d’importantes quantités de sucre dans sa racine. 3, 2, 1... feu ! Dans toutes les sucreries de France métropolitaine, le geste qui donne le coup d’envoi de la nouvelle campagne sucrière est immuable. Ici le "starter" prend la forme d’un long brûleur à gaz que l’on introduit au pied du four à chaux afin d’initier la combustion.

 

À l’intérieur de la haute tour, une montagne de pierre calcaire mélangée à du coke (dérivé du charbon). Trois jours seront nécessaires pour atteindre les 1 200°C indispensables à la transformation de la pierre en chaux vive, auxiliaire indispensable à la production de sucre de betterave. Trois jours avant l’arrivée des premières betteraves dans la sucrerie...

 

Quelques chiffres

Avec une production d’environ 4 millions de tonnes par an, la France fait partie des deux premiers producteurs mondiaux de sucre de betterave. Composante majeure du secteur agroalimentaire national, la filière sucre française emploie près de  45 000 personnes, approvisionne de nombreuses industries et contribue au développement des biocarburants. Sans oublier les foyers auxquels elle apporte le sucre de bouche indispensable au quotidien. La culture de la betterave sucrière s’étend en France sur 371 000 hectares (campagne 2009-2010).

 

Bénéficiant d’avancées techniques et agronomiques considérables, la betterave sucrière est la plante de grande culture la plus performante en Europe, tant en termes de rendements que de respect de l’environnement. On la cultive avant tout pour sa richesse en sucre, mais elle se prête à bien d’autres utilisations alimentaires et non-alimentaires, depuis la production d’alcool et de biocarburants jusqu’aux nouveaux composés issus de la chimie verte. Autant de débouchés qui font de cette plante d’exception une ressource agro- industrielle majeure, résolument ancrée dans les enjeux du XXIe siècle.

Des utilisations multiples

Selon les régions et les conditions climatiques de l’année, la campagne sucrière débute fin septembre ou début octobre, pour battre son plein jusqu’à la fin de l’année. Ces quelques semaines représentent une activité extrêmement intense et ininterrompue, qui demande une préparation minutieuse. Les industries alimentaires représentent la moitié des débouchés de la production sucrière, loin devant l’utilisation directe dans les foyers. Le sucre est également utilisé à des fins non alimentaires par les industries chimiques et pharmaceutiques.

 

Le sucre est extrait des racines de betterave par des procédés mécaniques, dans des sucreries. Ces vastes sites industriels sont implantés à proximité des zones de culture. Certains coproduits issus du process sucrier (jus sucrés, mélasse…) peuvent être fermentés et distillés pour obtenir de l’alcool éthylique alimentaire et non alimentaire. Une part importante de cet alcool est utilisée pour les biocarburants (bioéthanol) qui contribuent à l’indépendance énergétique de la France.

 

En France, la culture de la betterave sucrière s’étend sur plus de 300 000 hectares, principalement au nord de la Loire. La récolte s’effectue en général de septembre à fin décembre. Avec des rendements de 13 tonnes de sucre à l’hectare et des méthodes culturales toujours plus respectueuses de l’environnement, la filière betterave-sucre française est la plus performante au monde.

L'intercampagne

Comme précisé précédemment, les sucreries produisent du sucre pendant environ trois mois. D’octobre à décembre, elles fonctionnent 7 jours sur 7 et 24 h sur 24. Ce qui ne veut pas dire que pendant les neuf autres mois de l’année, l’activité de l’usine s’arrête.


Même si le rythme devient plus "normal", avec la fin du travail de nuit, les sucreries profitent de cette période, baptisée intercampagne, pour entretenir et moderniser leurs matériels. Les cuiseurs, conducteurs de cuisson et régulateurs d’évaporation deviennent alors électriciens, soudeurs, peintres, maçons.

Une mobilisation générale

L’ensemble du personnel, hier encore occupé à la fabrication, se met alors à l’ouvrage. Avec, qui plus est, une vigilance toute particulière dans la mesure où le nettoyage donne lieu à un examen complet du matériel en vue d’en préparer l’entretien, la maintenance et les réparations nécessaires.

 

Cette capacité d’expertise technique partagée par les collaborateurs met en lumière l’une des grandes spécificités de la production sucrière : la double compétence. Opérateur d’une étape du processus sucrier pendant la campagne, chaque membre du personnel de production devient, dès la dernière betterave transformée, un technicien spécialisé : mécanicien, ajusteur, chaudronnier, électricien, maçon...

Des collaborateurs polyvalents

Par ailleurs, certains sites ont fait le choix de réaliser eux-mêmes des équipements neufs, y compris de haute technologie, depuis l’étude d’implantation jusqu’à la mise en service. 

 

Pendant ce temps, d’autres secteurs de la sucrerie poursuivent leur activité. Notamment dans les ateliers de conditionnements, où les machines "Chambon" moulent des morceaux soigneusement calibrés avant d’être mis en boîte, où sont conditionnées les différentes variétés proposées au consommateur (sucre en poudre, sucre glace...) et où sont préparées les commandes destinées aux utilisateurs industriels, depuis les sacs de 20 kg jusqu’aux big bags d’une tonne...

Côté ressources humaines

La campagne se prépare ainsi très en amont, avec le recrutement des saisonniers. De même, côté achats, avec la gestion des approvisionnements (sources d’énergie, auxiliaires de production...) et avec l’organisation, en partenariat avec des transporteurs locaux, de la flotte de camions qui acheminera les centaines de milliers de tonnes de betteraves des champs à la sucrerie. Enfin, côté terrain, les techniciens spécialisés assurent, en partenariat avec les planteurs de betteraves, un suivi des cultures et une évaluation des rendements.


Dans les semaines précédant le jour "J" de la campagne sucrière, les équipes sont mobilisées autour de la mise en route "à vide" de la sucrerie. Un test de fonctionnement grandeur nature où tous les équipements sont testés, vérifiés, validant ainsi la totalité des interventions conduites pendant l’intercampagne. Succès de la répétition générale, décor et accessoires pleinement opérationnels, acteurs en place : le rideau est alors prêt à se lever sur une nouvelle campagne.

Vidéo

À quand remonte la première extraction du sucre ?

Comment, quand et pourquoi a-t-on commencé à extraire le sucre ? Grâce à cette vidéo, voyagez dans le temps jusqu'aux origines du produit indispensable de nos cuisines.

Animation

La photosynthèse. La betterave et la canne à sucre sont des végétaux qui ont la possibilité de produire et de stocker des réserves de sucre dans leurs cellules. Explication du mécanisme de la photosynthèse.

A Lire

Du soleil au sucre. Du soleil et des plantes… D’où vient le sucre ? Il existe à l’état naturel dans de nombreux végétaux et se forme par le biais de la photosynthèse. Explications des relations entre environnement et culture sucrière.