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La glycophilie emballe les passionnés

La glycophilie emballe les passionnés
Morceaux de sucre, sachets, bûchettes, berlingots… tous les emballages individuels de sucre de toutes les époques et en tous genres sont les objets de convoitises de collectionneurs. La « glycophilie », voilà l’appellation associée à cette passion des plus sympathiques. Aujourd’hui, le Sucre vous offre une rétrospective, un voyage à travers le temps, l’espace, la nature pour découvrir des trésors d’emballages !

Comme l’appertophiliste collectionne les ouvre-boîtes et le lécythiophile les flacons de parfum, le glycophile est atteint d’une passion dévorante pour les emballages de sucre. Certains vont même jusqu’à collectionner tous les objets associés au sucre, y compris les plus « vintage » comme les casseuses, marteaux et pinces à sucre, sans oublier les boîtes de sucre.

Collectionnite oblige, la glycophilie est un univers où règne la précision, tant sur l’histoire que sur les appellations ! Ainsi, les « périglycophiles » sont les collectionneurs d’emballages vides de contenu et présentés à plat, tandis que les « glycophiles » collectionnent les pièces en volume.
A la manière des Clubs de philatélistes, qui se réunissent et partagent leurs cartes postales, un véritable mouvement a aboutit, en 1984, à la création du Club des glycophiles français, dont l’initiative revient à Guy David, à l’époque secrétaire général du Cedus.
 

75 000 morceaux d’histoire

Association indépendante, le Club des glycophiles compte aujourd’hui quelques 380 membres actifs, qui se retrouvent régulièrement dans toute la France. Ils y échangent leurs biens avec leurs semblables, et les échanges peuvent même franchir les frontières de l’Hexagone comme l’explique Bernard Chaumont, actuel président du Club des glycophiles français, « il existe des clubs comme le nôtre dans la plupart des régions d’Europe et même au Canada. »
Le Club a répertorié près de 75 000 pièces existantes distinguées en deux catégories d’emballages. Les « nominatifs » portent des marques commerciales, des enseignes d’hôtellerie ou de restauration et sont généralement des supports publicitaires. Les « séries » – souvent proposées par les fabricants de sucre et commercialisées dans des boîtes – se déclinent en une grande diversité de thèmes (animaux, personnalités historiques ou sportives, jeux...). Certaines séries ont même marqué l’histoire comme les portraits des « Bleus » champions du monde de football ou les signes du zodiaque édités par le Cedus en 1975…

Tous ces morceaux d’histoires sont répertoriés dans les catalogues officiels du Club. Afin de classer ce patrimoine, une nomenclature très précise a été établie ! Par exemple, les séries sont identifiées par une lettre indiquant la thématique (A pour animaux, B pour uniformes, G pour jeux...), suivie d’un chiffre indiquant l’ordre d’entrée au catalogue officiel puis d’une nouvelle lettre indiquant le format (B = bûchette, M = morceau, S = sachet, T = tétraèdre).
 

Un amour désintéressé

Dans cet univers de passionnés, les collections prennent vite des proportions imposantes qui se chiffrent en centaines ou en milliers de spécimens. Souvenirs d’enfance, de voyage, certains collectionneurs possèdent quelques 8 à 10 000 pièces !
Pas très pratiques à ranger, les collections aussi pléthoriques sont un véritable challenge pour les amateurs. Si les périglycophiles ont trouvé la parade en insérant les emballages à plat dans des classeurs, cette solution a, selon certains, l’inconvénient d’enlever le plaisir de faire tourner l’objet entre ses doigts pour en admirer toutes les facettes !

Une chose est sûre, ce n’est pas le goût de la spéculation qui fait courir les passionnés ! Seule la passion inconditionnelle – voire un peu obsessionnelle –  régit le monde des authentiques collectionneurs.
Si la question de la mémoire des lieux et des moments où les pièces ont été recueillies joue un rôle important, les aficionados évoquent également les dimensions pédagogique et onirique. « J’ai appris les régions de France avec des morceaux de sucre », explique un collectionneur. Autant d’images, de mots et de signes qui feront encore rêver des générations... à une condition, que les collections restent à l’abri de l’humidité !

© David Lefranc