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Campagne sucrière - betterave

Campagne sucrière - betterave

Au cœur des régions de production betteravière, le lancement de chaque nouvelle campagne sucrière marque le début d'une période d'effervescence, dans les champs, sur les routes et, bien sûr, dans les sucreries. Focus sur ces multiples utilisations et débouchés du sucre.

La Campagne sucrière

Fruit de la synthèse chlorophyllienne, le sucre se forme naturellement dans les végétaux. La betterave sucrière a la capacité de stocker d’importantes quantités de sucre dans sa racine. 3, 2, 1... feu ! Dans toutes les sucreries de France métropolitaine, le geste qui donne le coup d’envoi de la nouvelle campagne sucrière est immuable. Ici le "starter" prend la forme d’un long brûleur à gaz que l’on introduit au pied du four à chaux afin d’initier la combustion.

Quelques chiffres

Avec une production d’environ 4,45 millions de tonnes par an, la France est le premier producteur mondial de sucre de betterave. Composante majeure du secteur agroalimentaire national, la filière sucre française emploie près de  44 500 personnes, approvisionne de nombreuses industries et contribue au développement des biocarburants. Sans oublier les foyers auxquels elle apporte le sucre dit "sucre de bouche". La culture de la betterave sucrière s’étend en France sur plus de 380 000 hectares (campagne 2015-2016).

Bénéficiant d’avancées techniques et agronomiques considérables, la betterave sucrière est la plante de grande culture la plus performante en Europe, tant en termes de rendements que de respect de l’environnement. On la cultive avant tout pour sa richesse en sucre, mais elle se prête à bien d’autres utilisations alimentaires et non-alimentaires, depuis la production d’alcool et de biocarburants jusqu’aux nouveaux composés issus de la chimie verte. Autant de débouchés qui font de cette plante d’exception une ressource agro- industrielle majeure.

Des utilisations multiples

Selon les régions et les conditions climatiques de l’année, la campagne sucrière débute fin septembre ou début octobre, pour battre son plein jusqu’à la fin de l’année, voire le début de l'année suivante pour certaines usines. Ces quelques semaines représentent une activité extrêmement intense et ininterrompue, qui demande une préparation minutieuse. Les industries alimentaires représentent plus de la moitié des débouchés de la production sucrière, loin devant l’utilisation directe dans les foyers. Le sucre est également utilisé à des fins non alimentaires par les industries chimiques et pharmaceutiques.

Le sucre est extrait des racines de betterave par des procédés mécaniques, dans des sucreries. Ces vastes sites industriels sont implantés à proximité des zones de culture. Certains coproduits issus du process sucrier (jus sucrés, mélasse…) peuvent être fermentés et distillés pour obtenir de l’alcool éthylique alimentaire et non alimentaire. Une part importante de cet alcool est utilisée pour les biocarburants (bioéthanol) qui contribuent à l’indépendance énergétique de la France.

En France, la culture de la betterave sucrière s’étend sur environ 400 000 hectares, principalement au nord de la Loire. La récolte s’effectue en général de septembre à fin décembre. Avec des rendements de 13 tonnes de sucre à l’hectare (2015) et des méthodes culturales toujours plus respectueuses de l’environnement, la filière betterave-sucre française est la plus performante au monde.

L'intercampagne

Comme précisé précédemment, les sucreries produisent du sucre pendant environ trois mois. D’octobre à décembre, elles fonctionnent 7 jours sur 7 et 24 h sur 24. Ce qui ne veut pas dire que pendant les neuf autres mois de l’année, l’activité de l’usine s’arrête.

Même si le rythme devient plus "normal", avec la fin du travail de nuit, les sucreries profitent de cette période, baptisée intercampagne, pour entretenir et moderniser leurs matériels. Les cuiseurs, conducteurs de cuisson et régulateurs d’évaporation deviennent alors électriciens, soudeurs, peintres, maçons.

Une mobilisation générale

L’ensemble du personnel, hier encore occupé à la fabrication, se met alors à l’ouvrage. Avec, qui plus est, une vigilance toute particulière dans la mesure où le nettoyage donne lieu à un examen complet du matériel en vue d’en préparer l’entretien, la maintenance et les réparations nécessaires.

Cette capacité d’expertise technique partagée par les collaborateurs met en lumière l’une des grandes spécificités de la production sucrière : la double compétence. Opérateur d’une étape du processus sucrier pendant la campagne, chaque membre du personnel de production devient, dès la dernière betterave transformée, un technicien spécialisé : mécanicien, ajusteur, chaudronnier, électricien, maçon...

Des collaborateurs polyvalents

Par ailleurs, certains sites ont fait le choix de réaliser eux-mêmes des équipements neufs, y compris de haute technologie, depuis l’étude d’implantation jusqu’à la mise en service. 

Pendant ce temps, d’autres secteurs de la sucrerie poursuivent leur activité. Notamment dans les ateliers de conditionnement, où les machines "Chambon" moulent des morceaux soigneusement calibrés avant d’être mis en boîte, où sont conditionnées les différentes variétés proposées au consommateur (sucre en poudre, sucre glace...) et où sont préparées les commandes destinées aux utilisateurs industriels, depuis les sacs de 20 kg jusqu’aux big bags d’une tonne...

Côté ressources humaines

La campagne se prépare ainsi très en amont, avec le recrutement des saisonniers. De même, côté achats, avec la gestion des approvisionnements (sources d’énergie, auxiliaires de production...) et avec l’organisation, en partenariat avec des transporteurs locaux, de la flotte de camions qui acheminera les centaines de milliers de tonnes de betteraves des champs à la sucrerie. Enfin, côté terrain, les techniciens spécialisés assurent, en partenariat avec les planteurs de betteraves, un suivi des cultures et une évaluation des rendements.

Dans les semaines précédant le jour de lancement de la campagne sucrière, les équipes sont mobilisées autour de la mise en route "à vide" de la sucrerie. Un test de fonctionnement grandeur nature où tous les équipements sont testés, vérifiés, validant ainsi la totalité des interventions conduites pendant l’intercampagne. Succès de la répétition générale, décor et accessoires pleinement opérationnels, acteurs en place : le rideau est alors prêt à se lever sur une nouvelle campagne.