menu search Mediathèque

Accueil > Sucre et équilibre > Sucre et alimentation > Consommation et comportement alimentaire > Comportement alimentaire

Comportement alimentaire

Comportement alimentaire

Sucre et comportement alimentaire

France Bellisle, chercheur à l'université Laval à Québec au Canada, a analysé les travaux scientifiques portant sur le rôle du sucre dans la détermination du comportement alimentaire. 

Dans ce cadre, certaines hypothèses avancées sur le sucre et la gestion du poids ont été examinées. Cette revue s’inscrit dans le dossier thématique « Autour du sucre » publié dans « Médecine des maladies métaboliques ».
 

La saveur sucrée

Le sucre et sa saveur sont aujourd’hui reconnus comme de puissants stimulants psycho-biologiques du comportement alimentaire chez l’homme. Dès sa naissance, le nouveau-né humain répond aux stimuli sucrés. Cependant, cette préférence pour le sucré varie considérablement d’une personne à l’autre ; elle se maintient durant l’enfance pour s’estomper avec l’âge. 

Les préférences alimentaires sont déterminées par un mécanisme physiologique d’apprentissage qui associe à la fois les caractéristiques sensorielles d’un aliment - le goût sucré par exemple – à ses effets post-ingestifs (plaisir, apport d’énergie qui induit la satiété, aversion…).  A ce mécanisme d’apprentissage s’ajoute un ensemble d’influences qui tient à la culture et à la relation entre l’enfant et les personnes qui le nourrissent.

La présentation fréquente de produits sucrés peut-elle augmenter le goût de l’enfant pour le sucré ? Selon l’auteur, l’apprentissage d’une  préférence pour un aliment d’intensité sucrée donnée reste spécifique à l’aliment. Il n’induit pas une  préférence pour cette  même intensité de goût sucré vis-à-vis d’autres aliments.
 

Sucre et énergie

L’hypothèse selon laquelle l’ingestion de produits sucrés serait associée à une consommation énergétique plus élevée et ainsi à une prise de poids est parfois avancée mais demeure très débattue. Les enquêtes de consommation portant sur de larges populations d’enfants et d’adultes montrent en effet une corrélation inverse entre la consommation de glucides totaux, de glucides simples (à saveur sucrée) et la prise de poids (Indice de Masse Corporelle - IMC). Mais il faut bien noter que les grands consommateurs de glucides simples sont souvent des personnes plutôt jeunes, minces et actives.

Selon les études épidémiologiques, les personnes en surpoids ne semblent pas particulièrement attirées par les aliments sucrés. Leurs préférences pencheraient plutôt en faveur des aliments gras ou gras/sucrés. La surconsommation de ces aliments gras, sucrés ou non, dotés d’une densité énergétique élevée, entraîne une augmentation des calories ingérées et majore le risque de prise de poids.

Le rôle des boissons sucrées dans le développement du surpoids a également été étudié. L’analyse récente de la bibliographie ne permet pas de confirmer un lien entre l’ingestion de produits sucrés et la prise de poids, qu’ils soient sous forme liquide ou solide, lorsque l'on ajuste les apports énergétiques totaux. Ce travail présente un double intérêt car il souligne la complexité de l’étude du comportement alimentaire et montre par ailleurs la nécessité d’approfondir les recherches pour mieux connaître les facteurs associés à la prise de poids. 
 

Source : Bellisle F. Comportement alimentaire et sucre in Dossier thématique « Autour du sucre ».  Médecine des maladies métaboliques. Octobre 2010. Vol. 4, N° 5 ; pp 511-513