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Le sucre et le cancer

Le sucre et le cancer

Les informations circulant sur le sucre et le cancer sont souvent présentées sous un angle angoissant ou culpabilisant pour le consommateur. "Le cancer aime le sucre" est un concept des années 20 qui revient aujourd'hui souvent à la "Une", mais de manière largement détournée. Explications sur les vraies relations entre sucre et cancer.

Plus qu’un aliment ou une alimentation riche en sucres, c’est le surpoids et l’obésité qui sont mentionnés aujourd’hui comme facteur de risque dans les cancers digestifs. S’il est vrai que les cellules tumorales ne réagissent pas de la même manière que les cellules saines avec le glucose, il s’agit en réalité d’un des effets du cancer et non de sa cause fondamentale.

En ce qui concerne le cancer du sein, certaines études montrent une relation entre l’apparition de la maladie et des consommations élevées d’aliments sucrés. En effet, ce type de cancer fait appel à un mécanisme qui associe production d’insuline et facteurs de croissance hormonaux. Il existe cependant d’autres facteurs de risque connus associés à ce type de cancer et les études doivent se poursuivre.
 

Cancer et alimentation

Actuellement, le rôle de l’alimentation fait l’objet de nombreux travaux de recherche. Les scientifiques explorent autant les origines que les modes de prévention vis-à-vis de l’apparition de lésions cancéreuses. Le nombre de facteurs alimentaires en cause rend difficile l’élaboration de conclusions tranchées.

Ainsi, après étude de nombreuses publications disponibles sur ce sujet, et en l’absence d’études d’intervention sur les conséquences éventuelles de la consommation de glucides, l’AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments) est arrivée fin 2004 à la conclusion qu’il "n’existe pas à l’heure actuelle d’éléments probants pour incriminer la consommation de glucides dans le développement des cancers", ni d’ailleurs pour mettre en cause un type de glucides, en particulier les glucides simples ou sucres (mono ou disaccharides)

En 2007, parmi les recommandations de lutte contre les cancers du WCRF (World Cancer Research Fund), il y a la consigne d’éviter de prendre du poids avec, entre autres, le conseil de limiter la consommation d’aliments à forte densité calorique et la consommation de boissons sucrées. L’obésité est décrite comme un facteur indépendant de risque de cancer. 

En 2011, l’ANSES a publié une expertise collective sur Nutrition et cancer. Le rapport indique 8 facteurs nutritionnels qui augmentent le risque de certains cancers (alcool, charcuteries, excès de poids…), mais pas de mention spécifique des aliments sucrés. Selon l’ANSES, l’excès de poids serait associé au risque de certains cancers car il provoque des dérégulations métaboliques et des perturbations hormonales, précisément au niveau de l’insuline et de l’IGF1. Pour la prévention, l’agence recommande la diversité alimentaire (éviter l’alcool, plus de fruits et légumes, pas trop de produits gras/sucrés) et la pratique d’une activité physique.

Les  études utilisent des modes de recueil de données très différentes entre elles, rendant les comparaisons difficiles. Certaines considèrent la qualité des glucides consommés, en utilisant le plus souvent l’index glycémique moyen de l’alimentation et d’autres y ajoutent la charge glycémique, introduisant une notion de quantité. De plus, les données alimentaires sont souvent recueillies au début de l’étude, sans chercher à connaitre l’alimentation des sujets étudiés à la fin de l’étude.

              

Sucres et cancers digestifs, quelle relation ?

En 1997, une revue de quarante études épidémiologiques portant sur la relation entre consommation de saccharose et cancers de localisation digestive, a conclu qu’il n’existe pas de preuves suffisantes permettant d’établir des liens entre consommation de saccharose et cancers de la sphère digestive.

Dans le rapport de 2007, les experts de la WCRF sont sur la même ligne et ne proposent pas de recommandations particulières pour les aliments sucrés. Plus qu’un aliment ou une alimentation riche en sucres, c’est le surpoids et l’obésité qui sont mentionnés comme facteurs de risque de ce type de cancer. Enfin, pour le risque de cancer du pancréas, les études se succèdent et se contredisent selon la population ou les aliments sucrés étudiés.

                    

Sucre et cancers "extradigestifs": comment trancher ?

Pour les pathologies cancéreuses de localisation extra-digestive, les données ne permettent pas d’établir clairement un lien. Chez la femme, c’est le cancer du sein pour lequel les essais sont insuffisants tant en nombre qu’en qualité. On observe que dans les pays où la mortalité due au cancer du sein est la plus élevée, la consommation de glucides simples est particulièrement haute. Cependant, là encore, ces mêmes pays ont d’autres facteurs de risque connus de cancer du sein, et à un niveau élevé : puberté précoce, stature moyenne élevée, polluants environnementaux.

Les éléments concernant le lien cancer du sein/consommation de sucres font souvent référence à l’insulinorésistance, elle-même associée au surpoids. Explication : l’insulinorésistance se traduit par une production plus importante d’insuline, hormone qui sert à réguler le taux de glucose dans le sang. L’insuline stimule à son tour la production d’une autre hormone, l’IGF-1, qui est connue comme favorisant la multiplication des cellules.

Certaines études portent sur des facteurs non alimentaires. Elles différencient les femmes ménopausées des non ménopausées, avec un risque plus élevé chez les femmes ménopausées. Ces résultats demandent des recherches plus avancées.

             

Pour en savoir plus :

Voir les articles de notre blog vraifaux.lesucre.com :

" Le sucre responsable du cancer du sein... euh, vraiment ? "
" Coup de bagel contre l'étude "Sucre et cancer du poumon" "