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Plaisir alimentaire imaginé : apprécier plus pour manger moins

Plaisir alimentaire imaginé

Une étude menée depuis 2013 tend à démontrer que le consommateur choisit de plus petites portions dès lors qu’il imagine le plaisir sensoriel apporté par la nourriture. Une nouvelle manière de lutter contre le surpoids ?

                

Imaginez plus… pour manger moins ?

Si vous salivez d’avance à l’idée de déguster cette tarte aux pommes encore chaude, délicatement parfumée à la cannelle et accompagnée d’une boule de glace vanille, il y a de grandes chances que vous preniez une part plus petite !

C’est en effet le résultat surprenant d’une étude dirigée par Pierre Chandon, professeur de marketing, mettant en évidence le fait qu’imaginer le plaisir alimentaire contribue à diminuer la quantité consommée. Et ce, quand bien même les petites portions sont proportionnellement plus onéreuses.

                 

Développer l’imagerie multi-sensorielle

Menée sur différentes typologies de population, le travail de recherche a démontré qu’adultes comme enfants sont sensibles à l’anticipation sensorielle du plaisir alimentaire, quel que soit leur univers culturel. Dès lors, l’accompagnement dans la projection de ce plaisir devient un enjeu.

Les premiers enseignements d’un menu "sensoriel" avec des noms de plats alléchants et des conseils incitant à la dégustation (par opposition à un menu neutre ou comportant des informations nutritionnelles) proposé dans le restaurant expérimental de l’Institut Pierre Bocuse dans la banlieue lyonnaise se révèlent déjà très prometteurs.

          

Salutaire, le plaisir alimentaire ?

Souvent associé à la malbouffe et à la surconsommation, le plaisir alimentaire a finalement un impact positif sur la quantité de nourriture consommée. En outre, l’étude a prouvé qu’insister sur le caractère néfaste de certains aliments engendrait par la suite une consommation de compensation.

Prescrire le plaisir plutôt que le proscrire, tel est ce que propose Pierre Chandon, désireux d’apporter un regard nouveau sur le plaisir alimentaire, et qui inscrit son travail dans le sillon de nouvelles approches telles que le mindful eating, ou « pleine conscience alimentaire »

« C’est en sachant apprécier les saveurs que l’on pourra limiter sa prise de calorie, sans même chercher activement à se restreindre » précise le chercheur. Jusqu’alors d’une efficacité limitée, la lutte contre le surpoids et l’obésité s’ouvre désormais sur de nouvelles perspectives.