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Le sucre et les caries

Le sucre et les caries

Il existe de nombreux facteurs responsables de la formation des caries... c'est pourquoi on parle de maladie multifactorielle. Une meilleure compréhension de la formation des caries permet aujourd'hui de disposer de moyens de prévention efficaces.

Le sucre et les aliments sucrés sont un facteur de risque connu pour les caries. Mais la formation des caries dépend de plusieurs facteurs, l’alimentation bien sûr, la salive, l’hygiène bucco-dentaire, les facteurs génétiques ou encore la flore microbienne (microbiote buccal)...

Comprendre le mécanisme de formation de la carie, c'est mettre en évidence le rôle de six facteurs principaux dont l'interaction est nécessaire : dents, bactéries cariogènes, sucres fermentescibles, milieu salivaire, temps de rétention des aliments dans la cavité buccale et facteurs génétiques. La carie dentaire est aujourd'hui considérée comme une infection de la cavité buccale, résultant de la synergie d'action de ces différents facteurs.

 

A l'attaque carieuse !

À l’échelle de l’individu, le processus carieux est toujours le même. Streptococcus, Lactobacillus, Actinomyces ne sont pas les amis de nos dents et l’on parle aussi depuis peu des genres Bifidobacterium et Veillonella. Le nombre d’espèces bactériennes présentes en bouche serait supérieur à 500 mais ce sont ces 4 ou 5 genres qui regroupent les souches les plus virulentes. Les Streptococcus du groupe mutans sont prépondérants (20 % du poids de la flore buccale).

Ces bactéries sont particulièrement douées pour former de longues chaînes de glucose, des glucans insolubles qui assurent l’adhérence des bactéries sur les muqueuses et les dents. La voie est alors ouverte à la colonisation par d’autres espèces bactériennes, ce qui va donner un biofilm, la fameuse plaque dentaire. Les bactéries passent alors à l’action pour métaboliser les glucides fermentescibles de notre alimentation et les transformer en acides organiques, dont l’acide lactique, majoritaire. Cette acidité provoque une dissolution de l’émail en surface mais qui est réversible si l’acidité diminue. La carie va s’installer lorsque la déminéralisation (perte en calcium et phosphate notamment) l’emporte sur la reminéralisation.
 

Les caries sont-elles toujours dues au sucre ?

Le sucre (saccharose) est très apprécié des S. mutans ainsi que des autres bactéries cariogènes ; le glucose et le fructose sont également cariogènes tandis que le lactose est le moins prisé par les bactéries buccales. C’est entendu, les caries se forment le plus souvent avec le sucre, mais aussi avec bon nombre d’autres sucres et glucides, en particulier les amidons soumis à une cuisson.

En dehors de la teneur en sucres ou en glucides, le potentiel cariogène d’un aliment varie beaucoup en fonction de sa texture : raisins secs, madeleine, banane et frites décrochent le pompon avec les plus forts indices de cariogénicité potentielle. Ils ont en commun d’être plutôt collants en bouche et leur temps de séjour permet une acidification préparant le terrain de la carie (hors brossage des dents évidemment). Par ailleurs, au-delà de la quantité de sucres, c’est la fréquence de consommation qui semble déterminante pour le risque de caries.  
  


 

Comment lutter contre les caries ?

Pas de panique… Il existe des moyens efficaces pour préserver son capital dentaire : respecter les trois repas journaliers, éviter de grignoter ou boire des produits sucrés entre les repas, et enfin respecter le brossage des dents deux fois par jour, ou après chaque repas si possible.
 

Le fluor + le dentiste pour une prévention efficace

Pour compléter l’action du brossage, il est recommandé d’utiliser un dentifrice fluoré, reconnu comme l’un des moyens de prévention le plus efficace. Un brossage méticuleux permet d’éliminer la plaque dentaire (ou film dentaire), une pellicule d’origine salivaire située à la surface de la dent qui est colonisée par les micro-organismes de la flore buccale.

Une visite régulière chez le dentiste est importante pour une prévention efficace. Un détartrage régulier est recommandé afin de supprimer la plaque dentaire sur les faces inaccessibles à la brosse à dent. Le fil dentaire et les bains de bouche (plus ou moins antiseptiques, plus ou moins fluorés), peuvent également être bénéfiques selon la "cario-sensibilité" de chacun. Lorsque le brossage n'est pas possible, mâcher un chewing-gum favorise la production de salive, qui limite la formation de la plaque.