menu search Mediathèque

Accueil > Sucre et équilibre > Sucre et santé > NASH, maladie du soda ?

NASH, maladie du soda ?

NASH, maladie du soda ?

Mise à jour : 25 juillet 2017

 

Foie gras, NASH, Cirrhose non alcoolique :  la maladie du soda, mais pas que !

              

Surnommée « maladie du soda », la StéatoHépatite Non Alcoolique ou NASH (pour son acronyme anglais) fait de plus en plus parler d’elle, notamment depuis sa découverte chez Pierre Ménès, chroniqueur sportif. Précisant dans ses témoignages [1] qu’il ne buvait en excès ni alcool ni soda, cela donne à penser que cette maladie a des origines plus complexes que ce que son surnom « maladie du soda » sous-entend.  

      

Qu’est-ce que la NASH ? 

Contrairement à la cirrhose alcoolique, la stéatohépatite non alcoolique n’est pas liée à la surconsommation d’alcool. Elle commence au départ par une accumulation de graisses dans le foie, à ce stade on parle de NAFLD, « stéatose hépatique non alcoolique ou stéatose simple », surnommée « foie gras ». Dans certains cas, elle peut ensuite provoquer des lésions des cellules du foie et un état inflammatoire (NASH) pouvant évoluer vers une fibrose, une cirrhose voire un cancer du foie. Cette maladie du foie évolue lentement et affecte principalement les personnes en surpoids, obèses ou diabétiques.

Ces dernières années, la stéatose simple concernerait 20 à 30 % de la population générale en Europe ; la NASH toucherait entre 3 et 5 % de la population. Les chiffres alarmants que l’on retrouve parfois dans la presse sont souvent à l’origine d’une confusion entre NASH et NAFLD.  

       

Quelles sont les causes ?

La cause exacte de la NASH n’est pas complètement élucidée, mais les personnes ayant des consommations particulièrement élevées en fructose, via les boissons notamment, auraient un risque majoré. Cependant, il n’existe pas actuellement suffisamment de données pour conclure à une relation directe entre la consommation de sucres et la survenue d’une maladie hépatique non alcoolique (ANSES, 2016), en dehors d’excès calorique. Ce serait surtout une alimentation déséquilibrée et un excès de calories qui augmente le risque de maladie hépatique non alcoolique.

A noter que les études scientifiques s’accordent sur un point : l’effet du fructose dépend étroitement des quantités ingérées. En dessous de 50 g/j, il n’y aurait pas d’effet négatif sur le métabolisme. Au-delà de 100 g de fructose par jour, le fructose entraîne chez l’homme une accumulation de graisses dans le foie et augmenterait ainsi à long terme le risque d’apparition de la NASH. En France, la consommation moyenne de fructose est estimée actuellement à 42 g de fructose par jour. Selon les spécialistes, chez les sujets obèses, quelle que soit la nature de l’excès calorique, la stéatose hépatique est fréquente et la NASH est loin d’être exceptionnelle.

                 

Quelle prise en charge ?

Etant donné qu’il n’existe pas, à l’heure actuelle de traitement médicamenteux standardisé, il est recommandé d’adopter un mode de vie plus sain avec de l’activité physique et une alimentation diversifiée et équilibrée pour réduire la graisse hépatique notamment dans le cadre d’une NAFLD pour éviter la progression en NASH. Dans les cas les plus avancés de NASH, une transplantation hépatique peut être proposée dans des centres spécialisés.

Une consommation très élevée de boissons peut être à l’origine d’une surconsommation de fructose participant à l’accumulation de graisses dans le foie, ce qui a donné lieu au surnom « maladie du soda », un raccourci simpliste d’une réalité plus complexe : ce sont aussi et surtout les excès caloriques durables, particulièrement chez les personnes obèses ou diabétiques qui seraient la cause principale de la NASH, une maladie « de l’obésité et de la malbouffe ».


 
Sources :

 

[1] [« Or je ne buvais pas, ni alcool – à part un whisky coca en boîte de nuit, trois fois par an –, ni sodas puisqu'on parle aussi de la maladie du soda »], source : La Dépêche