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Quelle place pour le fructose ?

Quelle place pour le fructose dans les liens sucres et santé ?

Mise à jour : 25 juillet 2017

                 

Le fructose, un sucre pas comme les autres ? D’un côté, le fructose a une connotation positive, « le sucre des fruits », et d’un autre côté, différents articles relatent ses effets possibles sur la santé. Alors, qu’en est-il ?

Le fructose est l’un des deux glucides simples qui composent le sucre (appelé saccharose), il est présent dans les produits sucrés mais aussi dans les fruits, légumes ou les jus de fruits. 

           

                

Le fructose fait l’objet d’un débat scientifique quant à ses effets sur la santé. Cette controverse se justifie principalement par la forte consommation de boissons sucrées (notamment aux Etats-Unis) qui sont une source importante de fructose.

 Il faut avant tout comprendre de quoi il est question. Le terme « sucre(s) » est en fait un nom "générique" pour parler de différentes formes de sucres.

                

"Le sucre, les sucres" : de quoi parle-t-on ?

On distingue arbitrairement les sucres naturellement présents (dans le lait, les fruits, certains légumes) des sucres ajoutés aux aliments. Mais ce sont exactement les mêmes sucres (glucose, fructose, saccharose, lactose) que l'on trouve dans les fruits, les légumes ou dans les biscuits et le chocolat.

Les principaux sucres ajoutés aux aliments sont :

- le sucre (écrit sans « s ») appelé aussi le saccharose : blanc ou roux, selon qu’il soit extrait de  la betterave ou de la canne à sucre
- les sirops de glucose, obtenus à partir de l'amidon de maïs ou de blé, utilisés surtout en confiserie, en biscuiterie
- les sirops de glucose-fructose*, préparés à partir de sirops de glucose (une partie du glucose est transformée en fructose), ils sont surtout utilisés aux Etats-Unis dans les boissons, les glaces,… avec une teneur en fructose (autour de 50%) plus importante qu’en France (20%)1.

- Les sirops sucrants comme les sirops d’érable ou d’agave
- le miel, issu du nectar des fleurs.

En 2012, le sucre et les produits sucrés sont pointés du doigt par le professeur Robert Lustig, endocrinologue à l'Université de Californie, connu comme l’activiste anti-sucre au niveau international. Il attaque tout particulièrement les sources de fructose dont le sucre et les sirops de fructose ajoutés aux boissons nord-américaines.

* En règle générale, la teneur en fructose de ces « sirops de fructose » commercialisés en Europe varie entre 10 et 30%.  Au-delà de 50% de fructose, le produit doit être étiqueté : sirop de fructose-glucose.

              

Fructose : quelles spécificités ?

Il n'existe pas de différence entre les sucres au niveau de leur apport calorique (tous apportent 4 kcal/g) mais le fructose pur se distingue des autres par ses propriétés métaboliques, c’est-à-dire son utilisation par notre organisme. Assimilé plus lentement que le saccharose, le fructose est moins rassasiant et a tendance à favoriser le stockage des graisses lorsqu'il est consommé en grandes quantités, mais à provoquer une moindre hausse de la glycémie (taux de glucose dans le sang). Il a par ailleurs un pouvoir sucrant plus élevé que le sucre : une plus petite quantité permet d’obtenir la même intensité sucrée1.

           

Quelles recommandations ?

L’ANSES, l’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, a publié un rapport concernant l’actualisation des recommandations pour la consommation de sucre et s’est notamment intéressée à l’effet du fructose sur la santé.

En conclusion de son analyse, l’ANSES a proposé une limite d’apport à 50g de fructose par jour, en dessous laquelle il n’y a pas d’effet délétère sur la santé. Cette limite a donné lieu à la recommandation en sucres totaux hors lactose** de 100g/jour pour une consommation moyenne estimée à 80g/jour pour les sucres2 et 42 g / jour pour le fructose1

En France, 20 % des adultes dépasseraient cette limite.

Voir notre article " Sucres : quelles recommandations et consommations réelles ? " à ce sujet

**Sucres ajoutés ou naturellement présents, sans compter le lactose (présent dans le lait) qui n’apporte pas de fructose.

                    

La place des sucres dans l’alimentation

Suite à cette controverse, les professionnels de santé français et internationaux ont été nombreux à dénoncer cette « diabolisation du sucre » en rappelant l'importance de la prévention et de l'éducation sur une consommation alimentaire responsable et encadrée. Mieux connaître les produits sucrés nous permet de mieux gérer leur consommation, à tous les stades de la vie.  

Il ne faut pas oublier que, simples ou complexes, naturellement présents ou ajoutés, les glucides fournissent sous forme de glucose l'essentiel de l'énergie indispensable au fonctionnement des cellules de notre organisme. Et que ce n'est pas le sucre en lui-même qui pose problème mais bien un excès durable de calories notamment apportée par une consommation excessive de produits gras et sucrés.

 Les comportements de consommation plus que les calories sucrées en elles-mêmes sont à prendre en considération.

L'information, la prévention par l'éducation sont des solutions certes plus compliquées mais aussi plus fiables sur le long terme.

                                      

Sources :

1. Fonds français pour l’alimentation et la santé. 5 CLÉS POUR COMPRENDRE LE FRUCTOSE, 2014.

2. Anses, 2016. Actualisation des repères du PNNS : établissement de recommandations d’apport de sucres

Pour plus d'information, feuilletez en ligne nos brochures :

Sucre et santé : quelle place dans notre alimentation ?

Le sucre et les sucres de votre alimentation