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Des noms qui font recettes...

Des noms qui font recettes...

Ils ont connu des destins divers, mais ce qui les réunit est d’'avoir accédé au Panthéon des desserts en offrant leur nom à une recette passée à la postérité. Tour d’'horizon d’'un chariot de gourmandises non exhaustives où se côtoient les noms les plus fameux….

Souvenir, souvenir

Un prénom tout simple pour une recette toute simple : Madeleine. Le roi Stanislas Leszczynski, duc de Lorraine et beau-père de Louis XV, donnait une fête en son château de Commercy. Suite à une querelle avec l’intendant, son pâtissier déserta les fourneaux, mais une jeune servante pleine d’à-propos sauva la situation en confectionnant à la hâte des petits gâteaux en forme de coquillage, à base d’un mélange subtil d’œufs, de sucre, de farine, de beurre fondu et de jus de citron. Mandée par le roi, la jeune Madeleine Paumier déclara qu’elle ignorait le nom de ces gâteaux dont la recette qui lui avait été transmise par sa grand-mère. Il décida sur le champ de les baptiser "madeleines de Commercy". 

On en est tous "baba"

On doit aussi à cet éphémère roi de Pologne, Stanislas Leszczynski, alors tombé sous l’emprise de la lecture des Mille et une nuits et de son héros Ali Baba, un kouglof arrosé de rhum, aussitôt baptisé "baba au rhum", qui le consola de son exil en terre lorraine. Et, à toutes fins utiles, on rapporte que son pâtissier, Gilliers, possédait plus d’une vingtaine de recettes différentes de babas. 

Mille et une charlottes

Autre destin pour un prénom, celui de Charlotte, un entremets sucré confectionné à l’origine à partir d’une marmelade de pommes ou de fruits sautés et aromatisée de zestes de citron et de cannelle. Créée au début des années 1800 en l’honneur de la reine Charlotte, épouse du roi d’Angleterre Georges III, la charlotte a donné lieu à de très nombreuses variantes : charlotte aux pommes, aux poires, aux fraises, au chocolat, aux marrons…

Le hasard fait bien les choses

Un soir de l’année 1896, alors que le futur roi d’Angleterre, Edouard VII, dînait au Café de Paris à Monte-Carlo en galante compagnie. Il demanda au maître d’hôtel de leur servir un dessert original. Ce dernier fit préparer une pâte à crêpes dans laquelle fut ajoutée de la liqueur de curaçao et du jus de mandarines.

Mais l’alcool s’enflamma sous l’effet de la chaleur du réchaud et les crêpes… flambèrent. Le Prince de Galles les trouva néanmmoins succulentes et demanda qu’on leur donnât le prénom de son invitée, Suzette. Plus près de nous, la célèbre tarte aux pommes caramélisée est née elle aussi de la légendaire maladresse des deux demoiselles Tatin, Caroline et Stéphanie, qui renversèrent accidentellement leur tarte.

Une multitude de desserts

On pourrait encore citer les fruits Condé, fruits pochés au sirop tout droit venus de la table du Grand Condé ; le Savarin, délicieux gâteau en couronne auquel l’écrivain, gastronome et député de la Constituante Brillat-Savarin céda la moitié de son nom ; la crème frangipane, crème à fourrer les gâteaux née d’un parfumeur italien Frangipani vivant sous Louis XIII ; les poires du Prince d’Aremberg, exécuteur testamentaire de Mirabeau qui improvisa ce dessert en fourrant une brioche de poires cuites au sirop…

Mais s’il fallait n’en garder qu’un, ce serait en toute logique celui qui règne en maître incontesté sur le mythe sucré des desserts, le Saint-Honoré. Pâte feuilletée entourée d’une couronne de pâte à choux elle-même garnie de petits choux glacés au caramel et de crème Chiboust ou de chantilly, cette spécialité fut en effet créée par l’un des plus grands pâtissiers du XIXe siècle, Chiboust. Celui-ci avait ainsi souhaité rendre hommage au patron de sa profession, Saint-Honoré, évêque d’Amiens en l’An de Grâce 600, mais aussi, et surtout, grand pécheur réputé pour sa gourmandise. Un saint-amateur à qui l’on confesserait bien volontiers nos péchés mignons de fin de repas !