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Le sucre cause-t-il le cancer ?

Le sucre cause-t-il le cancer ?

Mise à jour : 09 avril 2020

 

De nombreuses idées reçues circulent sur le sucre et le cancer, comme par exemple « le sucre nourrit le cancer » ou « il faut interdire le sucre aux patients atteints de cancer ». Pourtant, c’est loin d’être si simple et cela peut amener à les patients à suivre des régimes stricts pendant le traitement, régimes pourtant déconseillés.

              

Des cellules cancéreuses consommatrices de glucose

La multiplication rapide et sans contrôle des cellules cancéreuses requiert beaucoup d’énergie. Les cellules cancéreuses ont un métabolisme différent des autres cellules de l’organisme et ont des besoins très élevés en glucose, issu de la digestion des glucides.

Toutefois, cette forte consommation n’est pas la cause des cancers mais leur conséquence.

Voir notre infographie Sucre et cancer (point 1)

                   

Une maladie multifactorielle

L’institut National du cancer[1] estime que 40 % des cancers sont liés à nos modes de vie et notre environnement. Ainsi, il serait possible de prévenir 40 % des cancers en modifiant ces modes de vie.

Parmi ces facteurs favorisant l’apparition des cancers, on retrouve en premier position le tabac, puis l’alcool, l’alimentation déséquilibrée, le surpoids, ainsi que la surexposition aux rayonnements UV, le manque d’activité physique, la pollution, etc. 

D’autres facteurs comme l’âge ou l’hérédité ne sont pas modifiables, en dehors de l’importance du dépistage.

Voir notre infographie Sucre et cancer (point 2)

               

Alimentation et cancer

L’alimentation, facteur de risque ou de protection ?  [2]

L’alimentation agit à la fois comme un facteur de protection et de risque sur l’apparition des cancers. D’un côté, une alimentation déséquilibrée peut entraîner un apport énergétique excessif et une prise de poids, facteur de risque établi pour certains cancers comme le cancer du sein ou le cancer de l’endomètre. En ce sens, il est notamment recommandé de limiter sa consommation de fast-food, de boissons sucrées ou d’aliments ultra-transformés riches en matière grasse ou en sucre.

Une surconsommation de viandes rouges et charcuteries peut également augmenter le risque de cancer.

D’un autre côté, une alimentation équilibrée, diversifiée et favorisant les aliments d’origine végétales et riches en fibres (les fruits, les légumes, les légumes secs et les céréales complètes) peut réduire le risque de cancers.

Une activité physique régulière joue aussi un rôle dans la prévention des cancers, notamment en limitant la prise de poids.

           

Et pour le sucre ?

Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), seule la surconsommation de sucres peut augmenter le risque de certains cancers, via un apport calorique en excès. L’Anses recommande de ne pas consommer plus de 100 g de sucres totaux par jour.

           

  • S’alimenter pendant un cancer

Pendant un traitement, il est important de bien manger pour éviter la dénutrition et garder un bon état de forme. Il est important de veiller à équilibrer son alimentation et à l’adapter au gré des effets secondaires rencontrés (perte d’appétit, une perturbation du goût ou de l’odorat, des nausées ou des vomissements).

Certains types de cancer (œsophage, intestin…) peuvent impliquer une alimentation particulière selon le conseil des professionnels de santé.

En savoir plus l’alimentation pendant un cancer : vite-fait-bienfaits.fr

               

  • Régime thérapeutique

Depuis quelques années s’est développée l’idée qu’un jeûne, une restriction calorique ou l’éviction d’un nutriment (comme le sucre ou le glucose) pourraient être efficaces pour lutter contre le cancer, renforcer l’efficacité du traitement ou encore limiter les effets secondaires de ce dernier.

Cependant ce type de régime restrictif ou de jeûne n’est pas recommandé par les sociétés savantes (recommandations 2017 de l’EPSEN ; Institut National du cancer[3]). Les risques majeurs sont la dénutrition du patient avec un apport insuffisant en calories et nutriments (protéines, lipides, glucides, vitamines, minéraux), la perte de poids et de masse musculaire. Ces effets peuvent eux-mêmes avoir des conséquences négatives sur la réussite du traitement et la santé du patient.

                       

A retenir

1. Les cancers sont des maladies complexes dues à de multiples facteurs.

2. Au-delà d’un aliment en particulier, c’est surtout l’excès de calories et le surpoids qui augmentent le risque de cancers.

3. La consommation importante de glucose par les cellules cancéreuses est la conséquence de leur multiplication rapide et non la cause.

4. Un régime « sans sucre » ou autre forme de régime restrictif n’est pas conseillé pendant un traitement notamment à cause du risque important de dénutrition

                  

              

Sources :

  1. Institut National du Cancer : Réduire les risques de cancer
  2. Institut National du cancer : Alimentation
    Institut National du cancer, 2019 : Fiche Nutrition et Prévention des cancers 
    Institut National du cancer, 2015 : Nutrition et prévention primaire des cancers, actualisation des données
  3. Institut National du cancer, 2017 : Fiche Jeûne, régimes restrictifs et cancer