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Excès de sucres: De quoi parle-t-on ?

Excès de sucres: De quoi parle-t-on ?

Dans un article du 2 février 2012 publié dans la revue Nature, le professeur Robert Lustig, endocrinologue à l’Université de Californie, San Francisco, affirme que la consommation excessive des sucres ajoutés est à l’origine de l’obésité, du diabète, de l’hypertension et possiblement de certains cancers liés à l’alimentation. Selon lui, le responsable serait plus particulièrement le fructose, agissant comme un poison, une « toxine » au même niveau de danger que l’alcool et le tabac. 

Son article n’est pas une nouvelle étude scientifique mais un simple commentaire, avec des recommandations pour réduire les consommations de produits sucrés, qui vont de la taxation jusqu’à l’interdiction à la vente pour mineurs !

Quelques rappels :

- Il est désormais bien connu que le fructose se distingue des autres sucres de l’alimentation par un métabolisme différent.


- Les données établissant que le fructose consommé en très grandes quantités (plus de 60 % des calories quotidiennes !) majore le risque de diabète ou d’obésité proviennent d'étudeschez le rat. Aucune preuve chez l'homme à ce jour pour des consommations habituelles (cf revue scientifique de Salwa Rizkalla, chercheur Inserm Paris, publiée dans Nutrition & Metabolism en 2010). Il demeure une question centrale, encore non résolue : à quel niveau de consommation le fructose devient-il délétère ?

Où se situe le « trop » ?

- Aux Etats-Unis, il est probable que l’augmentation des quantités de sucres ajoutés depuis 50 ans ait contribué à des apports caloriques en hausse, déterminant majeur du risque d’obésité et des maladies associées.


En France, la consommation de sucres provient essentiellement du saccharose issu de la betterave. Les niveaux de consommation de fructose et plus largement de sucres en France sont environ 2 fois inférieurs à ceux des Etats-Unis. Les quantités de boissons sucrées consommées par les américains sont en moyenne entre 2 et 4 fois supérieures à celles des Français.

Trop de sucres (quels que soient les sucres), trop de calories consommées dans la durée sont à l’évidence nocifs. Pour l’alimentation, les solutions caricaturales sont sans doute à éviter.

L’éducation est une approche plus compliquée mais elle permettra de rester centré sur le rôle de l’alimentation : nourriture, plaisir et convivialité.