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Qui perd gagne... des calories

Qui perd gagne... des calories

Il est bien connu que les grandes rencontres sportives peuvent provoquer chez  les supporters certains comportements excessifs, surconsommations d’alcool, violences, accidents de la route, etc. On ne connaissait pas encore les éventuelles conséquences sur les consommations alimentaires et c’est ce que Pierre Chandon et Yann Cournil, chercheurs en marketing à l’Insead de Fontainebleau, ont tenté de comprendre. 

Ils ont analysé les consommations en calories ainsi qu’en matières grasses saturées des jours de matchs (les dimanches) et des 2 jours suivants auprès de 726 supporters d’équipes de football américain aux Etats-Unis. Les différences principales avec les consommations des groupes contrôles se concentrent sur le lundi d’après-match : les supporters d’une équipe perdante mangent plus (+10% de calories) et plus gras (+16%). Tandis que les supporters de l'équipe qui a gagné mangent moins (-5% de calories) et moins gras (-9%). Et tout cela avec des effets majorés en cas de défaite étroite ou contre une équipe de niveau égal d’une part, ou de large victoire d’autre part.  

Pourquoi ces différences ? Certains supporters ressentiraient les défaites de leur équipe comme des échecs personnels et la consommation alimentaire serait un moyen de compenser cette crise passagère. Inversement, une victoire renforce notre ego et apporterait à elle seule du bien-être.

Pour confirmer cette idée, les chercheurs ont demandé à des Français choisis aléatoirement de regarder de courtes vidéos résumant des matchs de l’équipe de France de football, la victoire lors de l’Euro 2000 et la défaite en finale de coupe de monde en 2006. La moitié des participants devait lister les valeurs ou éléments importants à titre personnel (exercice d’auto-affirmation) puis tous les participants avaient à indiquer leur envie de consommer 2 types d’aliments, des aliments « plaisir » (bonbons de chocolat, chips) ou des aliments connotés santé (tomate cerise et raisin). En l’absence d’exercice d’auto-affirmation, le choix se tournait très clairement vers le chocolat ou les chips après le visionnage de la défaite et inversement vers les fruits et légumes après la victoire de la France. Mais avec l’exercice préalable renforçant l’estime de soi, la défaite n’orientait plus les préférences vers les aliments « plaisir ». On connaissait l’importance de l’activité physique ou du sport dans le contrôle individuel du poids, on mesure désormais l’impact potentiel d’un match de l’équipe de France sur  la santé de tous les Français qui ne jouent pas !

Cornil Y, Chandon P, From fan to fat ? Vicarious losing increases unhealthy eating, but self-affirmation is an effective remedy, Psychological Science, août 2013.