La "Une" des magazines propose régulièrement de nouveaux régimes. La place du sucre y est bien souvent remise en question. Même si les résultats des récentes enquêtes épidémiologiques le démontrent, les idées reçues autour du sucre et de la prise de poids font encore de la résistance.
En France, l’obésité concerne environ 15 % des femmes et 14 % des hommes (enquête Obépi 2009). La fréquence du surpoids se stabilise par rapport aux résultats de 2006 et concerne près de 32 % de la population avec une augmentation marquée dans la tranche 25-34 ans.
Alors que le surpoids semble se stabiliser chez les jeunes, l’obésité progresse de façon sensible. Face à cette épidémie, des accusations récurrentes sont portées contre le sucre avec dans le même temps des enquêtes qui, en revanche, montrent que la consommation de sucre reste stable.
De nombreuses questions persistent : le sucre est-il responsable de la prise de poids ? Exclure le sucre résout-il tous les problèmes de surcharges pondérales ? A l’inverse, sucre et perte de quelques kilos seraient-ils compatibles ?
La fin des régimes hypoglucidiques
En vogue dans les années 80, le régime Atkins recommandait la quasi-suppression des glucides de l’alimentation (pommes de terre, pain, biscuits, fruits et desserts). Très vite, les professionnels de santé se sont rendu compte que ce type de régime très contraignant devait être maintenu à vie pour prévenir un rebond pondéral.
De plus, en excluant tous les glucides, ce régime s’est avéré dangereux, avec un ensemble de manifestations tels que fonte musculaire, état de fatigue générale, frustration croissante vis-à-vis des produits sucrés, perte du plaisir de se nourrir… Le régime Atkins a aussi été qualifié de "passeport pour l’infarctus" en raison de l’apport élevé en lipides.
Prenant le contre-pied de cette théorie, de récentes études montrent qu'il n’y a pas de relation entre surpoids et surconsommation de glucides. Elles montrent aussi qu’il n’y a pas d’intérêt à remplacer les glucides simples par des glucides complexes dans un régime à apport calorique constant visant à faire perdre du poids (avis de l'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) sur les glucides, mars 2010).
Le sucre, un allié
Dans un régime pauvre en glucides et occultant la saveur sucrée (principal déterminant de la palatabilité des aliments), on aura tendance à consommer davantage d’aliments avant d’arriver à l’état de satiété. A l’inverse des repas riches en glucides donc plus satiétogènes contribuent à la réduction de l’apport calorique.
Il est établi qu’un régime à teneur réduite en lipides et riche en glucides permet d’obtenir une perte de poids modeste mais réellement significative avec plus ou moins de chance de réussite sur la durée. La chasse aux kilos superflus passe donc avant tout par la réduction des apports les plus énergétiques (aliments gras salés ou gras sucrés). Autant d’arguments qui plaident résolument en la faveur du maintien du sucre en quantité raisonnable dans les régimes minceur.
Tant sur le plan des mécanismes du contrôle de la prise alimentaire qu’à la lumière des résultats d’études épidémiologiques, il n’existe donc aucune donnée justifiant la suppression complète du sucre et du sucré dans un régime amincissant.
