LE SUCRE

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les plantes sucrières

La culture de la betterave à sucre

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En France, 90% des terres où est cultivée la betterave sont au nord de la Loire, zone de climat tempéré.

La betterave sucrière fait partie de la famille des beta vulgaris, au même titre que les bettes (blettes, ou encore poirées selon la région), la betterave potagère (ou betterave rouge) et la betterave fourragère qui sert essentiellement à l'alimentation du bétail. Focus sur une agriculture performante !

 

Les puristes la nomment beta vulgaris, sous espèce vulgaris, cultivar altissima. Pour les botanistes, la betterave à sucre appartient à la grande famille des chénopodiacées, qui regroupe notamment des plantes alimentaires comme l'épinard, la salicorne ou le quinoa.

Portrait d'une betterave sucrière

La betterave sucrière se caractérise par sa racine conique et charnue, sa chair blanche et son collet plat. Les feuilles réparties en bouquet foliaire, plus ou moins développé selon la variété, constituent le laboratoire dans lequel se forme le sucre grâce à la photosynthèse. La racine constitue le réservoir de la précieuse substance qui peut représenter entre 15 et 21 % de sucre.

 

La variété sucrière, aujourd’hui plantée en France et en Europe, descend de la "Blanche de Silésie" sélectionnée à la fin du XVIIIe siècle par le chimiste allemand Achard pour sa teneur en sucre (7 %). Elle fut développée à l’origine dans les régions septentrionales (France, Belgique et Prusse).

Une plante du Nord

Contrairement à la canne, elle n’a aucune attirance pour les tropiques. Elle préfère les climats tempérés, assez humides d’avril à septembre avec des périodes sèches et ensoleillées juste avant la récolte. La délicatesse et la fragilité de la plante au début de sa vie conduisent les planteurs à lui réserver les bonnes terres, riches et profondes. En France, 90 % des terres plantées en betterave sont au nord de la Loire.

Une usine à sucre

Chez la betterave, le processus de fabrication du sucre a lieu pendant sa première année de vie. Il est stocké dans la racine qui est presque complètement enfouie dans le sol et mesure de 15 à 35 cm de long. La betterave est alors récoltée car si on la laissait poursuivre son cycle végétatif, elle entrerait en phase reproductive et utiliserait, l’année suivante, tout le sucre afin de fabriquer des graines.

Une culture en trois temps

Si la culture de la betterave occupe le sol huit mois de l’année, l’agriculteur, lui, soigne sa terre 12 mois sur 12. Cette culture rentre dans un processus qui prend en compte la préservation de la terre, de l’air et de l’eau. En hiver, le planteur de betteraves fait des analyses de terre pour mesurer la quantité d’azote présente dans le sol. Au printemps, les terres sont ensemencées. A l’automne, c’est la récolte.

La récolte

En France, la récolte commence fin septembre et doit être terminée avant les grands froids. Principale préoccupation du planteur : livrer aux usines une betterave de qualité avec le moins de terre possible. L’arrachage se fait mécaniquement. Une même machine permet d’effectuer ce travail : elle comporte à l’avant une effeuilleuse, et à l’arrière une arracheuse.

 

Avant le transport, les déterreuses assurent le nettoyage des betteraves. Le transport n’est pas une mince affaire car il faut faire vite : les betteraves arrachées perdent très vite de leur teneur en sucre. Pendant les deux ou trois mois de récolte, les sucreries travaillent jour et nuit.

Une agriculture performante

Selon la qualité du semis, du sol, des engrais, des soins, et du climat, les rendements varient entre 50 et 80 tonnes de racines à l’hectare. Lors de la campagne 2011-2012, le rendement français moyen s’est élevé à 97 tonnes de betteraves à l’hectare : des résultats qui placent l’Hexagone parmi les leaders mondiaux en termes de productivité.

 

Les recherches génétiques, la sélection des semences, la lutte contre les maladies et les parasites, la mécanisation des différents travaux de culture et de récolte ont permis à cette culture de réaliser d’importants progrès. Pour mémoire, en 1960 et 1980, les rendements s’élevaient respectivement à 48 et 51 tonnes de betteraves à l’hectare !

Animation

La photosynthèse. La betterave et la canne à sucre sont des végétaux qui ont la possibilité de produire et de stocker des réserves de glucides dans leurs cellules. Explication du mécanisme de la photosynthèse.

bon à savoir

La racine de betterave (pivot) est composée de :
- 75 % d’eau
- 25 % de matières sèches.

Ces dernières comprennent 5 % de pulpe : insoluble dans l’eau, la pulpe est principalement constituée de cellulose, d’hémicellulose, de lignines et de pectines utilisées pour l’alimentation animale. Le sucre représente, pour sa part, 75% des matières sèches de la racine.

Infographie

Le sucre ou saccharose se forme dans les feuilles de la betterave ou de la canne à sucre par synthèse chlorophyllienne, que l’on nomme photosynthèse.

Bon à savoir

La betterave peut être sujette à des maladies provoquées par un champignon (maladies dites cryptogamiques). Deux infections virales peuvent aussi affecter la culture et une chute de rendemment : la jaunisse, transmise par certains pucerons (changement de coloration des feuilles qui finissent par casser) et la rhizomanie (virus transmis par un champignon du sol : le Polymyxa betae). D’importantes mesures ont été prises pour détecter et limiter l’extension de ce virus et de son champignon vecteur.

Vidéo

Quel est le cycle de culture de la betterave ?

La betterave sucrière est une plante bisannuelle, c’est-à-dire qu’elle accomplit son cycle en deux années. La première année correspond à la phase végétative de la plante où elle se développe et accumule ses réserves en sucre au niveau de la racine.