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Sucres : Quelles recommandations et consommations réelles ?

Sucres : Quelles recommandations et consommations réelles ?

Mise à jour : 30 juin 2017

               

Entre les différentes recommandations et définitions des sucres, pas toujours facile de s’y retrouver. D’autant plus que certains articles font des confusions (voir notre billet de fact-checking "Des raisons ou déraison d'arrêter le sucre"), ce qui amène à des conclusions erronées. Pour ne plus se tromper, voici une synthèse :

                     

Dénomination

Définition

Recommandation

Consommations réelles moyennes
en France

Glucides

Glucides simples (sucres) + glucides complexes (amidon)

Entre 40 % et 55 % de  l’apport énergétique total (1)

- 50 % chez les enfants
(= 187,5 g/j
chez les 0 – 10 ans
et 244,5 g/j
chez les 11 – 17 ans)

- 47 % chez les adultes
(= 240 g/j) (2)

Sucres, avec un « s »

( = glucides simples
= sucres totaux)

Sucres naturellement présents
dans les fruits (saccharose, fructose et glucose) et le lait (lactose), et sucres ajoutés

  95 g/j
chez les adultes (2)

Sucres, hors lactose

L’ensemble des sucres, hors le lactose et galactose des produits laitiers

ANSES : 100 g/j (3)

- 80 g/j

- Limite dépassée par 20 % des adultes(3)

Sucres ajoutés

Sucres ajoutés aux aliments par le fabricant ou le cuisinier

ANSES : « une recommandation portant uniquement sur les apports en sucres dits «ajoutés » n’est pas justifiée » (1)

 

Sucres libres

Sucres ajoutés + sucres des jus de fruits, du miel, des sirops

OMS : 10 % des calories, soit 50 g pour 2000 kcal ou 62 g pour 2500 kcal (4)

- 9.5 % = 52 g/j

- Limite dépassée par 41% des adultes(5)

Sucre, sans « s »

Saccharose ( = glucose + fructose) :  sucre extrait de la betterave sucrière ou de la canne à sucre

 

Non déterminées

 

           

Ce que recommande l’OMS...

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié en 2015 ses recommandations sur les sucres. L’agence reconduit à l’identique sa recommandation de limiter les apports en sucres libres [voir tableau] à moins de 10 % des calories quotidiennes, dans un objectif de santé publique visant la prévention de l’obésité et de la carie dentaire.

                     

Quels sont nos apports en France ?

L’analyse récente de l’INRA des données INCA 2 (2006 / 2007), sur un échantillon représentatif de 1693 adultes a montré que 41% des adultes dépassent ce seuil. Les adultes plus jeunes (âge moyen de 41 ans versus 51 dans le groupe en dessous du seuil), sont plus tournés vers les boissons sucrées (128 g/jour versus 17 g/j) et le grignotage (apport moyen entre les repas de 258 kcal contre 131 g) mais présentent moins de surpoids et d’obésité (respectivement 24 et 5% des individus du groupe contre 35 et 12%).

L’étude classe les consommateurs en deux groupes : ceux qui respectent cette limite et ceux qui la dépassent. Cependant nous savons qu’il n’y a pas de réelle différence entre une consommation juste en-dessous de la limite ou juste au-dessus. Une répartition en 3 groupes de consommateurs aurait pu permettre de quantifier la proportion des plus forts consommateurs de sucres libres, cible réellement prioritaire.

             

D’où vient cette limite à 10 % ?

La recommandation de limiter les apports en sucres libres à moins de 10 % des calories quotidiennes s’appuie sur une étude d’observation sur les caries dentaires de 1982 et visait à l’origine la prévention de la carie dentaire. Reconduite à l’identique depuis 1989, elle a progressivement été étendue par l’OMS à la prévention de l’obésité.

L’OMS ajoute une recommandation « conditionnelle » d’abaisser ce seuil de 10% à 5 % pour « des bénéfices santé additionnels », visant en particulier une meilleure prévention des caries dentaires dans les pays à faible niveau de revenus. A noter que cette recommandation est basée selon l’OMS sur « des niveaux de preuve de très faible qualité.

A noter également que ces recommandations ne s’adressent pas aux individus mais aux états et à leur administration, afin que ceux-ci l’adaptent ou non pour leur population, en fonction de la situation nutritionnelle du pays.

                   

...et l'ANSES

Pour la France, l’ANSES indique dans son rapport visant à l’actualisation des repères du PNNS (1)  que la diminution de la consommation de sucres passe principalement par une baisse de consommation des boissons sucrées, et qu’une recommandation uniquement portée sur les sujets ajoutés n’est pas justifiée mais doit concerner l’ensemble des sucres apportés par l’alimentation et que la diminution de la consommation de sucres passe notamment par une baisse de consommation des boissons sucrées.

Dans ce cadre, l’ANSES place la limite à 100g/jour pour tous les sucres (glucides simples) sauf le lactose du lait, et estime que 20% des adultes dépassent cette limite.

Après la mise à jour en 2015 des recommandations de l’OMS puis fin 2016 de l’avis de l’ANSES, l’EFSA, l’Autorité Européenne de Sécurité Alimentaire) a annoncé un nouveau rapport pour 2020.

                    

(1) Anses, 2016. Actualisation des repères du PNNS : révision des repères de consommations alimentaires
(2) Anses, 2017. Evolution des habitudes et modes de consommation, de nouveaux enjeux en matière de sécurité sanitaire et de nutrition
(3) Anses, 2016. Actualisation des repères du PNNS : établissement de recommandations d’apport de sucres
(4) World Health Organization, 2015. WHO Guideline: Sugars Intake for Adults and Children;World Health Organization: Geneva, Switzerland, 2015.
(5) INRA, Danone Nutricia Research, MS-Nutrition, l’Inserm et Aix-Marseille Université, 2017 - Lluch A, Maillot M, Gazan R, Vieux F, Delaere F, Vaudaine S, Darmon N. Individual Diet Modeling Shows How to Balance the Diet of French Adults With or Without Excessive Free Sugar Intakes. Nutrients, 20 février 2017. doi:10.3390/nu9020162