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Sucres : Quelles recommandations et consommations réelles ?

Sucres : Quelles recommandations et consommations réelles ?

Entre les différentes recommandations et définitions, pas toujours facile de s’y retrouver. D’autant plus que certains articles font des confusions (voir notre billet de fact-checking), ce qui amène à des conclusions erronées. Pour ne plus se tromper, voici une synthèse :

                     

Dénomination

Définition

Recommandation

Consommations réelles moyennes
en France

Glucides

Glucides simples (sucres) + glucides complexes (amidon)

Entre 40 % et 55 % de  l’apport énergétique total (1)

44 % de glucides(2)

Sucres, avec un « s »

( = glucides simples
= sucres totaux)

Sucres naturellement présents
dans les fruits (saccharose, fructose et glucose) et le lait (lactose), et sucres ajoutés

   

Sucres, hors lactose

L’ensemble des sucres, hors le lactose et galactose des produits laitiers

ANSES : 100 g/j (3)

- 80 g/j

- Limite dépassée par 20 % des adultes(3)

Sucres ajoutés

Sucres ajoutés aux aliments par le fabricant ou le cuisinier

ANSES : « une recommandation portant uniquement sur les apports en sucres dits «ajoutés » n’est pas justifiée » (1)

 

Sucres libres

Sucres ajoutés + sucres des jus de fruits, du miel, des sirops

OMS : 10 % des calories, soit 50 g pour 2000 kcal ou 62 g pour 2500 kcal (4)

- 9.5 % = 52 g/j

- Limite dépassée par 41% des adultes(5)

Sucre, sans « s »

Saccharose ( = glucose + fructose) :  sucre extrait de la betterave sucrière ou de la canne à sucre

 

Non déterminées

 

           

Donc 41 % des adultes dépassent la recommandation de l’OMS ?

C’est en tout cas ce que montre l’analyse récente de l’INRA des données INCA 2 (2006 / 2007), sur un échantillon représentatif de 1693 adultes. Les adultes de ce groupe dépassant le seuil fixé à 10 % sont plus jeunes (âge moyen de 41 ans versus 51 dans le groupe en dessous du seuil), sont plus tournés vers les boissons sucrées (128 g/jour versus 17 g/j) et le grignotage (apport moyen entre les repas de 258 kcal contre 131 g) mais présentent moins de surpoids et d’obésité (respectivement 24 et 5% des individus du groupe contre 35 et 12%).

L’étude classe les consommateurs en deux groupes : ceux qui respectent cette limite et ceux qui la dépassent. Cependant nous savons qu’il n’y a pas de réelle différence entre une consommation juste en-dessous de la limite ou juste au-dessus. Une répartition en 3 groupes de consommateurs aurait pu permettre de quantifier la proportion des plus forts consommateurs de sucres libres, cible réellement prioritaire.

             

D’où vient la valeur chiffrée de 10 % ?

La recommandation de limiter les apports en sucres libres à moins de 10 % des calories quotidiennes s’appuie sur une étude d’observation sur les caries dentaires de 1982 et visait à l’origine la prévention de la carie dentaire. Reconduite à l’identique depuis 1989, elle a progressivement été étendue par l’OMS à la prévention de l’obésité.

A noter également que ces recommandations ne s’adressent pas aux individus mais aux états et à leur administration, afin que ceux-ci l’adaptent ou non pour leur population, en fonction de la situation nutritionnelle du pays.


Dans son rapport visant à l’actualisation des repères du PNNS (1), l’ANSES indique que la diminution de la consommation de sucres passe principalement par une baisse de consommation des boissons sucrées, et qu’une recommandation uniquement portée sur les sujets ajoutés n’est pas justifiée mais doit concerner l’ensemble des sucres apportés par l’alimentation.


 

(1) Anses, 2016. Actualisation des repères du PNNS : révision des repères de consommations alimentaires
(2) Anses, 2016. INCA 2 : les résultats d'une grande étude
(3) Anses, 2016. Actualisation des repères du PNNS : établissement de recommandations d’apport de sucres
(4) World Health Organization. WHO Guideline: Sugars Intake for Adults and Children;World Health Organization: Geneva, Switzerland, 2015.
(5) INRA, Danone Nutricia Research, MS-Nutrition, l’Inserm et Aix-Marseille Université - Lluch A, Maillot M, Gazan R, Vieux F, Delaere F, Vaudaine S, Darmon N. Individual Diet Modeling Shows How to Balance the Diet of French Adults With or Without Excessive Free Sugar Intakes. Nutrients, 20 février 2017. doi:10.3390/nu9020162